Loro Mazono et « La porteuse de Baya »

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« La porteuse de baya  ou l’autre face de l’humanitaire», est le titre du roman de Loro Mazono, de son vrai nom kodjo Kama, un Burkinabè vivant en France. Parue en France aux éditions « Panthéon » depuis 2015, l’œuvre a été dédicacée au Burkina Faso à Ouagadougou ce samedi 1er juillet 2017 au Centre National  de Presse Norbert Zongo.


« Lors d’un séjour en Afrique, quelque part au pays des Hommes intègres, Boncon découvre Boudou, ce village dépourvu de tout : ni eau potable, ni électricité, ni école, ni service de santé.

Il se voit alors une vocation pour l’humanitaire. De retour en France, Boncon a l’idée de la création de l’association Amitié Sainville-Boudou pour venir en aide à ces populations misérables. Il s’auto-proclame président… Il saisit l’opportunité et parcourt les villages et hameaux à bicyclette.  Abusant du pouvoir que lui confère l’humanitaire, il pousse du zèle jusqu’au ridicule. Il n’hésite pas à affirmer que le village de Boudou est son pré-carré.

Bien que devenu un des leurs, désormais appelé Lassané, il est divinisé par les populations qui l’assimilent au messie. Il s’arroge des droits sans limites, comme celui de posséder une femme déjà mariée, l’épouse du neveu du chef du village.

L’ivresse du pouvoir et ses vertiges prennent rapidement le dessus  sur les sentiments altruistes et l’humanitaire devient ainsi despote. Mais il sera pris au piège de sa quête frénétique d’exotisme par une sulfureuse jeune fille au baya ».

Résumé fait du roman de Loro Mazono, « La porteuse de Baya ».


A travers ce roman, Loro Mazono décrit les frasques de Boncon et fait le procès de certains humanitaires en Afrique.

Mais l’auteur  dit vouloir faire la promotion du « Baya » en France, cette parure que les femmes africaines portent en dessous de leurs vêtements.

Dans le livre, l’auteur attribue aux « baya »,  des vertus aphrodisiaques, qui,  comme il l’écrit, «  au contact du phallus disait-on, avaient des capacités de maintenir longtemps l’excitation et pouvaient procurer une sensation agréable, indescriptible à l’humanitaire (le personnage principal, ndlr)».

Puis, raconte-t-il, «une fois je faisais la dédicace (en France), il y a un monsieur qui m’a dit, vous m’avez donné une bonne idée. Prochainement , je vais acheter le baya pour ma femme si je viens en Afrique ».

La porteuse de baya n’est autre que l’amante de l’humanitaire. « Lorsqu’il a découvert le baya, ça lui a plu et lorsqu’il retourne en France, il veut revenir vite au Burkina. Quand il est rentré en France, il demande à sa femme, “ça ne te dirait pas l’idée de porter du baya”. Et elle lui demande, le baya c’est quoi ? Il dit ce n’est pas grave si ça ne te plait pas. Il n’a pas voulu être clair », dit-il pour montrer l’attraction que son personnage a  pour ce collier de hanches.

« Outre la porteuse de baya », le roman de 336 pages est subdivisé en 32 chapitres avec des titres « tantôt anodins, tantôt énigmatiques mais toujours évocateurs ». « La jupette de la négresse », « les cannibales », « le bas-ventre et le ventre », « les transactions occultes », « Les cinq cadavres », «Le pot au rose » et bien d’autres.

Loro Mazono est auteur de plusieurs autres ouvrages dont le premier,  le « Placenta »,  préfacé par Norbert Zongo, le journaliste d’investigation assassiné, a été publié en 1998, suivi d’un essai en 2003, intitulé « Hommage au journaliste Norbert Zongo ». C’est cette amitié qui le liait au journaliste qui a d’ailleurs guidé le choix du lieu qui porte son nom pour la dédicace de son œuvre.

« La préface que Norbert m’a laissé avec le placenta, est une préface inestimable. Si on déposait 50 millions et avec la préface de Norbert je prendrai la préface », professe-t-il.  Du reste, il s’est indigné du fait que « L’indépendant » ne parait plus. « L’indépendant est un patrimoine culturel qu’on ne devrait pas laisser mourir. C’était  un contre-pouvoir, le reflet de la société », a plaidé Loro Mazono. 

« La quatrième poubelle », « Le Djémbéfola ou le directeur et le jembé », «La ligne rouge ou la sentence du détroit » et « Sans se soucier de l’amour » figurent dans sa bibliographie. Le Tome 2 de « La porteuse de baya » est prévu pour septembre prochain.

Revelyn SOME

Burkina24

 



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