Basga à Zorgho : La tradition a été respectée

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Le Naba Sanem de Zorgho a sacrifié à la tradition. Il a tenu sa fête coutumière, la « basga  ou Nabasga », pour rendre hommage aux ancêtres. A l’occasion, plusieurs milliers de personnes ont envahi la ville de Zorgho pour vivre au rythme de cette fête coutumière. Du 30 juin au 2 juillet 2017, la ville de Zorgho était en fête.

Le « basga » est une fête culturelle célébrée chaque année par les chefs coutumiers. Le Naba Sanem de Zorgho le tient régulièrement autour de la première semaine du mois de juillet. La fête consiste fondamentalement en un rituel de sacrifice pour remercier les ancêtres pour la saison écoulée et implorer leur bénédiction pour celle qui commence.

Elle a toujours drainé un grand monde et est devenue depuis un certain temps, un grand moment de retrouvailles pour les filles et fils de la province. Elle est également l’occasion pour les commerçants de faire de bonnes affaires.

La fête de la Basga commence par une retraite secrète du chef dans un village pour quelques jours. Son retour dans le palais marque le début officiel des festivités. Pour le chef, le temps est très précieux. Des centaines d’invités de haut rang arrivent de partout dans son palais et celui-ci avec ses notables, s’affaire à les recevoir.

Le moment tant attendu par la population est sa sortie triomphale dans la soirée du samedi. Aux environs de 17h, il sort à cheval, accompagné de ses ministres, de ses notables, quelques femmes de la famille royale portant chacune un panier sur la tête.

La population accompagnant le chef de Zorgho

Il simule ainsi un voyage dont la destination ne sera autre que l’ancienne place du marché située à quelques centaines de mètres du palais où il fera 3 tours avant d’effectuer le grand sacrifice. Son retour dans le palais donne une autre coloration à la fête. L’animation redouble d’ardeur.

Au basga 2017, le chef de Zorgho a mis l’accent sur le rassemblement et le renforcement des liens familiaux entre les filles et fils de son royaume.

Vincent Kaboré, un Tensoaba ou guerrier, explique son rôle dans le Basga. « Dans la population, chaque partie a son rôle à jouer. Nous les Tensoaba, nous sommes censés être à coté du chef pour défendre son territoire », a-t-il ajouté.

Vincent Kaboré, un Tensoaba ou guerrier

Les premiers habitants de Zorgho sont des descendants du Mogho Naba Kouda, 9eEmpereur des Mossi qui a vécu à la fin du xvie siècle. L’histoire rapporte que deux fils du Mogho Naba Kouda ont quitté Ouagadougou à la recherche de fiefs. Ces deux frères s’installèrent ensemble à Bando (localité située non loin de Zorgho). Les populations autochtones ayant remarqué la présence des deux princes dans le village informèrent le Mogho Naba pour connaître l’attitude à tenir à leur égard.

Ce dernier leur ordonna de trouver des terres à ses deux fils. L’aîné fut installé dans une zone peuplée de plantes à grappes appelées « Zordo » en mooré d’où le nom Zorgho. Le second lui fut envoyé à Zoungou, village situé à une vingtaine de kilomètres au Sud.

Un jour, l’aîné reçut la visite de son petit frère de Zoungou. Celui-ci le trouva dans l’abondance, et après avoir bien mangé il rota, entraînant la prononciation du mot rot, qui signifie en mooré « Zodgo ». Les deux prononciations confirment l’appellation Zorgho.

Jules César KABORE
Burkina 24



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