Afrique : Recul de la performance des politiques et institutions nationales

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La Banque mondiale a procédé au lancement du rapport 2016 sur l’évaluation des politiques et institutions nationales (EPIN) ou Country profile and Institutional Assessment (CPIA) pour toute la région Afrique. C’était ce lundi 24 juillet 2017 à Ouagadougou.

L’évaluation des politiques et des institutions nationales (plus connue sous son acronyme anglais « CPIA ») est un exercice annuel qui permet à la Banque mondiale de mesurer les progrès accomplis par les pays d’Afrique subsaharienne pour améliorer la qualité de leurs politiques et de leurs institutions. Depuis 1980, les notes de la CPIA déterminent l’allocation de prêts sans intérêts et de dons aux économies éligibles au soutien de l’Association internationale de développement (IDA).

Le rapport de 2016 sur l’évaluation des politiques et institutions nationales de la Banque Mondiale révèle une baisse de la qualité des politiques et des institutions en Afrique subsaharienne, dans un contexte marqué par une conjoncture économique mondiale difficile et les difficultés propres à chaque pays. Cette tendance a été observée dans 40 % des pays évalués en 2016 et particulièrement dans certaines catégories de pays, notamment les pays exportateurs de matières premières et les États fragiles.

En outre, ces notes reposent sur 16 indicateurs de développement dans quatre domaines. Il s’agit de la gestion économique, des politiques structurelles, des politiques d’insertion sociale et d’équité, de la gestion et des institutions du secteur public. Les pays sont notés sur une échelle de 1 (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour chaque indicateur. La note moyenne pour les 38 pays africains évalués en 2016 a légèrement baissé à 3,1, indique le rapport.

Le présidium de la cérémonie de lancement

« Il était important que les différents pays concernés puissent avoir une bonne compréhension de cet outil et de connaitre les tenants et aboutissants. Pour engager des mesures idoines et de mobiliser des ressources supplémentaires pour le financement de leur développement en envisageant des réformes qui permettront au pays d’avancer », a laissé entendre Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly, la représentante du Premier ministre Paul Kaba Thiéba, à la cérémonie de lancement.

Le rapport révèle qu’avec une note de 4, le Rwanda figure une fois de plus en tête du classement. Il est également suivi par le Sénégal et le Kenya qui obtiennent tous les deux 3,8. Par ailleurs, la qualité de la politique et des institutions s’est renforcée dans certains pays, mais le nombre de pays qui ont vu leurs notes globales se détériorer est deux fois plus important.

«En 2016 l’Afrique a réalisé le taux le plus faible en 20 ans. Le taux du Burkina Faso qui est de 3,6 sur 6 reste inférieur. Mais doit être félicité pour la gestion économique, la politique d’inclusion sociale où le pays réalise des scores remarquables. Pour 2017, nous projetons que la croissance en Afrique subsaharienne qui tournera autour de 2,5 et au Burkina Faso un taux  de 6,5 », a expliqué Albert Zeufack, économiste en chef pour la région Afrique à la Banque mondiale.

Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly a également ajouté que « nous avons décidé d’atteindre le niveau de 4 en travaillant dans le sens d’une plus grande coordination des politiques nationales ».

Albert Zeufack, économiste en chef pour la région Afrique à la Banque mondiale.

Selon la Banque Mondiale, les pays dont la qualité de la politique et des institutions a globalement souffert ont pour trait commun une baisse continue de la qualité de la gestion économique, rendue évidente par le recul de la performance dans trois domaines, à savoir la politique monétaire et de change, la politique budgétaire et la politique d’endettement.

Cette situation peut s’expliquer en partie par la conjoncture économique défavorable qui exacerbe les faiblesses macroéconomiques de certains pays de la région. La diminution des réserves budgétaires et extérieures empêche les politiques macroéconomiques d’atténuer pleinement les effets de ces chocs sur l’activité économique.

En rappel,  le rapport  sur l’évaluation des politiques et institutions nationales (EPIN) ou Country profile and Institutional Assessment (CPIA) est réalisé par le bureau de l’économiste en chef pour la région Afrique à la Banque Mondiale.

Jules César KABORE

Burkina24



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