Cascades : La nécessaire autonomisation financière des femmes

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La situation de la femme et la jeune fille n’est pas assez reluisante dans la région des Cascades. C’est  le constat que les caravaniers ont fait lors de leur séjour dans cette région où le taux de grossesses en milieu scolaire est élevé. 

Les femmes contribuent au développement économique de la région des Cascades. Cependant, la condition économique de la femme n’est pas au beau fixe dans cette localité. La femme, celle qui est considérée comme l’éducatrice dans la famille, souffre du manque de son autonomie financière. Plusieurs facteurs jouent sur cette indépendance monétaire de la femme. Les mariages et grossesses précoces, les grossesses en milieu scolaire sont, entre autres, des indicateurs.

Selon Massiata Traoré, la présidente de l’Association des Mères éducatrices (AME) de Niankorodougou, les pesanteurs socio-culturelles sont à la base des difficultés que les femmes rencontrent dans l’éducation des filles. N’ayant pas de terre propre à elles, elles ne travaillent que sur de petits lopins de terre souvent presque abandonnées par les hommes. Et pourtant, ce sont elles qui sont les premières dans les champs.

Dans la commune rurale de Bérégadougou,  des filles de la classe de CM1 ou CM2 sont  enceintes. Certaines sont contraintes d’abandonner l’école. Des efforts sont faits par des personnes de bonne volonté pour accompagner ces jeunes filles, mais madame Awa Rébecca Igo, la présidente de l’association « Djigui », une structure d’encadrement de ces jeunes filles, pense qu’il faut une implication des plus hautes autorités du Burkina pour contenir le phénomène.

 «Ces filles ont besoin de manger, d’entretenir leurs enfants, d’aller à l’école, certaines sont chassées de leur famille, alors que moi-même je n’ai pas  à manger. Il est donc difficile de remédier à la question », a-t-elle insisté. Pour la présidente de l’association Djigui, tant que la femme n’aura pas une autonomie financière, il sera difficile de lutter contre certains fléaux au Burkina, surtout en milieu rural.

C’est aussi le cas des femmes de Mangodara à 100 km de Banfora, le chef-lieu de la province. L’enclavement de cette commune est un véritable frein au développement économique de la femme. Pour 100 Km de route, il faut entre 3 à 4 heures pour joindre la ville de Banfora.

 Plusieurs d’entre elles n’ont pas la possibilité de faire le trajet pour déposer les dossiers de prêt du ministère de la femme, explique Abou Héma, le chef du service départemental du Ministère de Famille, de la Solidarité Nationale et de la Promotion de la Femme de Mangodara. C’est dans cette situation que le maire de la commune de Mangodara,  Famoro Ouattara s’est engagé pour l’autonomisation économique des femmes de sa commune. Il a en effet décidé que 30% des boutiques de rue créées par la commune soient attribuées aux femmes.

L’autonomisation économique de la femme reste un moyen pour promouvoir le développement des collectivités, mais aussi pour lutter contre les grossesses non désirées et précoces, estiment de nombreux acteurs dans les communes rurales. Le leadership  féminin est un outil important de soutien aux femmes.

C’est du moins ce que pense Magaranda Traoré/Ouattara, la présidente de l’Association « Tièn bi kô de Moussodougou». « J’ai bénéficié des prêts du ministère, mais avant cela, j’ai mobilisé les femmes de Moussodougou pour travailler ensemble. Aujourd’hui, chacune mène au moins une petite activité »,  a-t-elle témoigné. D’où la nécessité pour elle de développer le leadership féminin.

Honoré KOUANGNY

Correspondance particulière

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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