Gloire du Hip Hop : Wemtenga organise la résistance

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Ibrahim Atobine Nébié est bien connu dans le milieu culturel au Burkina Faso. Mordu du mouvement Hip hop, il s’évertue depuis des années à faire revivre ce mouvement au Pays des Hommes intègres. « Le rassembleur » comme l’indique son sobriquet « Tigme Zanma » (en langue mooré), Ibrahim Atobine Nébié ambitionne fédérer les partisans de ce mouvement autour d’un festival à Wemtenga, son quartier. Il a été reçu le mardi 25 juillet 2017 par Burkina 24. Dans cette interview, Tigme Zanma revient sur les différentes activités qu’il mène avec sa structure pour la « renaissance » du mouvement Hip hop et parle également de la place de ce genre musical au Burkina Faso.

B24 : Vous organisez une activité le 29 juillet. De s’agit-il ?

Ibrahim Atobine Nébié (AIN) : Déjà le 29 juillet 2017 se tiendra du côté de Wemtenga, plus précisément de la salle de ciné de Wemtenga, un événement purement hip pop dénommé Wemtenga All stars. C’est un concept qui vient pour donner sa partition dans l’avancée du mouvement hip pop au Burkina Faso, en particulier, le festival KolgNGomé, qui est un festival qui se tient chaque année dans le quartier Wemtenga. Cette année, le festival est à sa 10eme édition.

B24 : Pourquoi  avez-vous décidé d’organiser un concert pour soutenir ce festival ?

AIN : L’idée est venue de l’association KNG. C’est une association qui est derrière le festival qui a vu le jour il y a 10 ans. Ce n’est pas petit !

Le festival a vieilli et en professionnalisme. C’est pour cela on a dit pourquoi pas donner un spectacle en salle puisque d’habitude, le festival se passe à l’air libre.

Et derrière l’initiative de ce spectacle payant, c’est récolter des fonds pour les injecter au compte du festival en septembre parce que quoi qu’on dise, aujourd’hui pour avoir les partenaires, c’est difficile.

Et vu aussi le genre musical qu’on défend actuellement, ce n’est pas aisé. Ce sont des initiatives privées pour donner un plus au festival.

B24 : Est-ce simplement les artistes burkinabè qui seront présents au festival ?

AIN : Chaque année, on essaye vraiment avec nos moyens de bord de diversifier le festival. Par exemple, il y a eu jusqu’à trois éditions où on a eu beaucoup d’artistes étrangers et c’est une chance pour nous de les faire passer sur notre podium. Cette année, on est en train de négocier dans la mesure de notre possible pour faire venir d’autres artistes de la sous région.

B24 : Le festival est prévu pour quelle date et où se déroulera-t-elle ?

AIN : Le festival se déroulera du 25 septembre au 2 octobre 2017 à Wemtenga. On va choisir quelques structures clés parce que ce festival sera réparti comme suit : il y aura des spectacles à l’air libre, des spectacles live, des spectacles semi live, il y aura des ateliers de peinture de graffiti, ce sont des termes un peu hip pop. Il y aura des compétitions de rap, des clashs, donc en fonction des disponibilités des lieux, on va répartir un peu le programme. Mais la plus grosse partie du festival se tiendra à Wemtenga.

B24 : Quel est l’état actuel du mouvement Hip hop au Burkina Faso ?

AIN : Il y a bon espoir parce qu’il y a de cela 4 ans, le mouvement même était en stand-by. Il y a eu un retour positif de ce mouvement et le concert organisé par la structure Yèrè Boy le 20 mai passé au CENASA a confirmé cela. C’était un gros succès puisque on a plus que rempli la salle. En matière de professionnalisme, on a bien géré et les gens ont répondu présent.

B24 : Quelles sont les astuces qui ont permis un retour positif du mouvement ?

AIN : C’est toujours dans le processus parce que ce n’est pas encore acquis. On est toujours en train de batailler pour faire des concerts, surtout utiliser les réseaux sociaux pour faire renaître ce mouvement au Burkina Faso. L’écho qui nous revient est toujours favorable parce que quand on regarde aujourd’hui, quoi qu’on dise, le hip pop a toujours sa place.

Je vous donne une petite anecdote parlant du concert du 20 mai passé. Nous étions calés, la salle était pleine et chaude. Et entre temps, on a eu des problèmes d’électricité. Malgré tout ça, les gens sont restés pour espérer que le courant revienne pour qu’ils continuent. A travers ces actions et surtout même l’accompagnement des gens autour de la communication pendant l’organisation, nous avons su qu’il y avait toujours de l’envie, le hip pop avait toujours son public. On a compris qu’il faut aller vers le public.

B24 : Avec l’émergence des mouvements « ambiance facile »  coupé-décalé et autres, pensez-vous que le rap peut nourrir son homme ?

AIN : Je vais dire que c’est toute tendance que nous faisons. Même la tendance que vous venez de citer, ce n’est pas confirmé que tous ceux qui la pratiquent arrivent s’en sortir. Ce n’est pas forcément un problème lié à l’émergence de ces tendances qui nuit un peu au hip pop. Le hip pop a connu un temps de gloire à l’époque et maintenant il est en train de revenir, quitte aux acteurs de planifier, de se structurer pour savoir profiter de tout ce qu’ils font.

Dans toute activité, tant que tu n’es pas organisé, malgré les efforts fournis, tu auras l’impression qu’il n’y a pas de retour positif, surtout côté ressources financières. Pour moi, quoi qu’on dise, il y a toujours une valeur ajoutée dans tout ce que nous faisons, plus précisément le hip pop.

Interview réalisée par Ignace Ismaël NABOLE et Ismène KPEDJO (Stagiaire)

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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