Lutte contre l’insécurité : La société civile des pays du G5 Sahel s’active

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Moins de violations graves des droits humains dans les zones contrôlées par les terroristes ? Une étude a été réalisée dans ce sens. Mais, la société civile du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal et du Tchad veut agir vite et bien afin de changer cette hypothétique tendance. Elle s’est réunie du 24 au 27 juillet 2017 à Bamako pour la sécurité au Sahel et contre les mouvements radicaux et violents dans cette partie de l’Afrique.

La région du Sahel est devenue, depuis quelques années, une source majeure d’instabilité, de criminalité et de terrorisme en Afrique. Les défis de la région, selon les spécialistes, sont liés, entre autres, à la mal gouvernance, aux vastes distances géographiques de la région, à une explosion démographique et à la pauvreté.

NED (National Endowment for Democracy) est la fondation du Congrès américain, qui s’occupe notamment de l’appui de la société civile pour la bonne gouvernance démocratique. Du 24 au 27 juillet 2017 à Bamako, un atelier de quatre jours a été organisé au profit des bénéficiaires des projets de financements de NED. Il a été question de réfléchir sur les défis sécuritaires dans le Sahel et le rôle des organisations régionales et multilatérales et de la société civile du G5 Sahel.

Le Burkina Faso a été représenté à cet atelier par cinq structures : Béog Nééré, le Mouvement burkinabè pour la démocratie et le civisme (MBDC), l’Association burkinabè pour la survie de l’enfant (ABSE), l’Association burkinabè d’action communautaire (ABAC) et Burkina24.

« Le rôle de la société civile se situe avant, pendant et après l’action terroriste »

« Société civile et sécurité au Sahel » a été le thème général de la conférence donnant l’occasion à la société civile concernée d’expliquer sa vision afin que la crise soit résolue de façon durable. Les différents acteurs admettent que c’est possible, mais qu’il faut aller vite et ensemble. Ils comptent fédérer leurs actions, travailler main dans la main pour aider tous les autres intervenants.

L’atelier a connu la participation de plusieurs personnalités. A l’ouverture des travaux, le ministre de la défense et des anciens combattants du Mali, Tièna Coulibaly, a expliqué que « le rôle de la société civile se situe avant, pendant et après l’action terroriste ». Les acteurs sont unanimes que les couches sociales les plus vulnérables restent les femmes, les enfants et les jeunes.

La société civile doit, selon le ministre malien, contribuer notamment à démanteler et identifier les réseaux terroristes, faire du monitoring, combattre les rumeurs, collaborer avec les forces de défense et de sécurité, promouvoir le respect des droits humains, contrôler et influencer les actions gouvernementales, organiser des dialogues francs civilo-militaires, et travailler à réconcilier, consolider durablement la paix.

Une plateforme de la société civile dans chaque pays pour la sécurité au Sahel…

Eric Wentaré Ilboudo, Manager de projets à Béog Nééré, a participé à l’atelier organisé à Bamako. « Cette séance de réflexion organisée par le NED a permis à ses partenaires de la société civile du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal et du Tchad de réfléchir aux questions des mouvements radicaux et violents au Sahel. Cette conférence a également permis aux partenaires du NED de se concerter et de coordonner leurs efforts au niveau sous régional afin de faire face aux défis sécuritaires rencontrés dans le Sahel », a indiqué Eric Ilboudo.

Il a confié, ce 7 août 2017, qu’il y a eu plusieurs communications enrichissantes notamment celle de Guillaume Ngéfa, Directeur du département des droits humains de la MINUSMA. Une étude a révélé, selon ce dernier, rapporte toujours le Cofondateur de Béog Nééré, que « dans les zones vulnérables contrôlées par les terroristes, il y a moins de violations graves des droits humains que dans les zones contrôlées par les gouvernements ».

Vidéo postée par un participant :

A en croire Eric Wentaré Ilboudo, cette partie a créé un débat houleux entre les participants. Il a indiqué que l’étude illustrée par le communicateur fait allusion notamment à la « confiance et la justice établies » par les terroristes selon leur idéologie et à « la nonchalance dans la justice » au niveau des gouvernements. Mais, dit-il, les participants ont fini par se comprendre.

A la fin des travaux, les participants ont proposé qu’il y ait une plateforme de la société civile dans chaque pays pour la sécurité au Sahel. Une plateforme sous régionale sera mise en place par la suite. Les cinq structures burkinabè ayant participé à l’atelier de Bamako travaille à Ouagadougou pour mettre en place la plateforme au Burkina. « On compte travailler avec les forces de défense et de sécurité, avec toute la population partout au Burkina », a annoncé le Manager de projets à Béog Nééré.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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