Attaque Café Aziz Istanbul : “Les terroristes frapperont-ils encore ?”

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Ceci est une opinion d’Idrissa Diarra sur l’attaque du Café Aziz Istanbul.

C’était l’an passé, quelques mois seulement après le drame du Cappuccino qu’au passage sur l’avenue Kwame Nkrumah – avril 2016 -, nous nous sommes installés en famille à 5 au café Aziz Istanbul pour prendre de la glace sans véritablement prêter grande attention au nom dudit café. Un petit fait sur le prix des glaces aura pourtant retenu un peu notre attention… A la faveur de l’actualité brûlante, c’est l’attentat qui nous révèlera véritablement le nom du lieu, désormais connu au-delà même des frontières du Burkina.

Sans autres détails de plus, j’ai l’intention ici de dire tout simplement que la MORT est chose bien mystérieuse frappant bien souvent au mauvais endroit, au mauvais moment… Quand elle nous frappe, nous n’avons même pas l’occasion de l’apprécier, encore moins sentir sa douleur, dit le philosophe Epicure… Tout ce que l’on dit ainsi sur la mort, est du domaine des vivants.  Autrement dit, pour paraphraser le philosophe : quand je suis, la mort n’est pas; quand la mort est, c’est que je ne suis pas. Pourquoi aurai-je donc peur de la mort ?

Faire face au terrorisme, demande d’aller au-delà des émotions par un travail important et profond sur soi et sur l’esprit pas toujours aisément accessible à la grande masse. C’est un peu comme la rarissime intrépidité chez Martin Luther King, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et récemment chez nos vaillants éléments des Forces de défense et de sécurité qui ont courageusement mené l’assaut final contre les assaillants.

Le bel enseignement d’Epicure est à mon sens, une ressource de sagesse méritant d’être explorée pour éveiller notre patriotisme et faire face au terrorisme qui a décidé d’élire domicile chez nous. C’est pourquoi, à côté des meurtrissures, lamentations, douleurs, souffrances, pleurs, prières, formes diverses émotionnelles et spirituelle du deuil indispensables, nous devons simultanément nous armer d’un mental exceptionnellement solide pour engager une lutte de longue haleine. Car, s’il ne tient qu’aux terroristes, ils frapperont encore et ne manqueront pas d’importer sans frais, d’autres modes opératoires tout aussi horribles, vus ailleurs comme à Bamako, Gao, Nice, Paris, Catalogne, etc.     Désormais, dans une telle logique de récidive terroriste perpétuelle, il faudrait redouter les véhicules qui foncent à toute allure sur les foules et également les attaques à l’arme blanche.

On est obligé de s’interroger sur le sens de la VIE quand on est témoin de telles atrocités sur la paisible avenue de Ouaga. On est assurément saisi aussi en tant que témoin face à de tels telles ossifications (pour emprunter le mot de Cheikh Anta Diop), de telles déshumanisations du cœur de l’être humain ; d’où cette autre interrogation sur le Destin, sujet d’une vieille méditation.

Sans conteste en effet, le Destin existe, mais il existe certainement aussi des destins détournés par piratage, des destins forcés et même forcenés. C’est le lieu de dire ici que certaines victimes de l’attentat sont mortes, non pas parce qu’elles devraient mourir ce soir-là, le soir du 13 août, mais plutôt parce que des individus ont décidé ainsi ! Ces victimes auraient pu ne pas mourir tout comme les assaillants eux-mêmes et compter parmi les vivants aujourd’hui… Assurément, de telles thèses peuvent raviver la colère et la nostalgie des parents des disparues…Car, c’est plutôt cette petite phrase qui semble de règle : « c’est la volonté de Dieu, il faut l’accepter… »

Le destin forcé, quand il intervient dans le sens du bien, il est exemplaire et vivement souhaitable; par contre, quand il va dans le sens du mal, il est la pire des choses vivement haïssable !

En vérité, l’on devrait pouvoir se permettre de dire que Dieu n’est pour rien dans cette barbarie. Lui Dieu en effet, autorise le bien tout comme Il autorise le mal sur terre par l’effet de sursis accordé aux hommes, jusqu’à l’avènement de l’heure de son Heure…C’est du moins, ce qu’une patiente observation de la nature nous enseigne depuis Adam et Eve.

Vivement, prompt rétablissement aux blessés et qu’Allah accorde son pardon et le repos à l’âme des disparus. Disparus certes pour nous matérialistes et physiques, mais peut-être Réapparus dans une autre Dimension à nous étrangère et inaccessible, pour continuer à accomplir sereinement le vrai Destin à eux réservé par le Tout-Puissant. Ce n’est nullement parce qu’il y a éclipse solaire sur terre, qu’il faille conclure que le soleil n’est plus à l’échelle de l’Univers. N’est-ce pas que Dieu peut tout ? Les morts ne sont pas morts…

Idrissa Diarra

Politologue

Mouvement de la Génération Consciente

Courriel : [email protected]

19 août 2017



B24 Opinion

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