Burkina : Que cache l’évacuation des volontaires du Corps de la paix ?

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L’évacuation dans un autre pays (dont le nom n’a pas été dévoilé) des 124 volontaires du corps de la paix renvoie comme un miroir le reflet de la réalité : le maillage du territoire national, l’intervalle de temps entre une attaque, un enlèvement, l’arrivée et l’intervention des renforts.

Que faut-il voir ou comprendre dans l’évacuation hors du Burkina des volontaires du corps de la paix ? Que la situation risque de s’empirer ? Le diplomate américain Andrew Young accompagné de Julien Denakpo, directeur par intérim du Corps de la paix et du directeur de la section diplomatie publique, a balayé du revers de la main hypothèses et rumeurs qui ont ou pourraient avoir conduit à prendre cette décision. « Ce n’est pas une chose qui paf ! » ou « avec ça on fait ça ! ». « Je ne peux pas dire que je vois des menaces partout dans le pays ».

Telles ont été les réponses apportées aux questions de la vingtaine de journalistes reçus dans la salle de conférence de l’ambassade, le mercredi 6 septembre 2017. La décision, a insisté l’ambassadeur, a été prise par « mesure de prudence », car justifie-t-il, « ils sont déployés dans des zones loin de certains soutiens comme on peut en attendre à Ouaga ». Quant aux volontaires, « ils sont dans la région, dans un autre pays ».

Ces informations livrées par le diplomate soulèvent un peu plus encore le maillage du territoire national par les Forces de défense et de sécurité (FDS), le problème de la logistique et de l’équipement en armes et munitions des unités d’intervention autres que les Kalachnikovs. Les spécialistes en système d’information géographique recrutés il y a quelques années par la Police nationale s’attèlent de leur côté à répondre à l’aspect maillage. En leur présence, le ministre de la sécurité insistait fin juillet 2016 sur la nécessité d’élaborer une stratégie en commençant par « un meilleur maillage du territoire national ».

Annoncée en novembre 2016 par le Président du Faso alors ministre de la défense, la loi de programmation militaire 2017-2027 devrait apporter des réponses à l’équipement des forces armées, parce que « c’est devenu une nécessité absolue pour être à la hauteur des défis sécuritaires actuels et à venir ».

Situation différente de celle au Mali

Première fois qu’une telle décision est prise ? « Non » a répondu l’ambassadeur qui cite le cas du Mali, où il était Premier conseiller avant d’être nommé ambassadeur au Burkina. Là, a-t-il indiqué, les bénévoles ont été retirés et réinsérés « après un bout de temps » mais « le programme a été fermé au Mali » suite à la dégradation de la situation. Pour l’heure, « le bureau du corps de la paix au Burkina Faso reste ouvert » a poursuivi Andrew Young.

Le diplomate a souligné qu’ils étaient munis de « lunettes » qui visent particulièrement la situation des volontaires du corps de la paix car dit-il, c’est une situation « un peu différente » de celle des autres personnes qui elles se trouvent à l’intérieur du pays, dans des centres urbains et donc plus en sécurité.

« Il y a des menaces qui nous arrivent trop fréquemment », a-t-il déclaré en réponse à la question de savoir s’il y a eu une menace directe liée au cas d’un volontaire avant d’ajouter que lui, n’a « aucun indice d’enlèvement d’un bénévole du corps de la paix » mais qu’ils continuent d’évaluer « les bruits » qui leur parviennent.

Burkina Faso, « pierre angulaire » dans le Sahel

Le diplomate américain s’est dit « fasciné par le rôle que le Burkina Faso joue dans le Sahel ». Le pays, a-t-il qualifié, représente pour lui « la pierre angulaire du G5 Sahel » en raison du « travail très important » qu’abattent les forces armées burkinabè dont au moins 02 bataillons sont actuellement déployés au Mali. Qu’à cela ne tienne ! La participation des volontaires est « suspendue » afin de trouver une situation « convenable » de même que de voir des signaux d’amélioration de l’offre sécuritaire dans les zones reculées où les volontaires étaient déployés et où ils étaient « vraiment impliqués dans la vie quotidienne ».

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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