Santé au Burkina : 21 pharmaciens appelés à « oser risquer » pour leur communauté

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La cuvée de pharmaciens titulaires du master de spécialités en santé et sciences du médicament de l’Université de Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo est prête. Ils sont au nombre de 21 à avoir reçu leurs parchemins ce 18 septembre 2017 à Ouagadougou.

Créé en 2015, le master de spécialités en santé et sciences du médicament, a indiqué Rasmané Semdé, coordonnateur du programme, poursuit le but de répondre aux pressantes et importantes demandes du ministère de la santé du Burkina Faso en pharmaciens spécialistes et à l’insuffisance de l’offre de formation pharmaceutique spécialisée.

En fin de formation, les premiers diplômés ne sont pas allés bien loin pour choisir le nom de leur promotion. Ils ont opté pour le « Pr. Innocent Pierre Guissou », nom de ce professeur qui, en sa qualité d’« homme averti », a eu la clairvoyance avec ses pairs de créer la section pharmacie.

Quant au choix du parrain, le Larlé Naaba Tigré, ils le justifient par son investissement personnel dans un domaine qui touche à la pharmacie. L’allusion est ici faite à la promotion de deux plantes locales que sont le jatropha et le moringa dont l’huile végétale qui en est extraite, est utilisée dans l’entreprise Belwett Industrie pour la production de biocarburant et de produits cosmétiques.

Adaptation et patriotisme

Nicolas Meda, chef du département santé, par ailleurs un des enseignants avant sa nomination au poste de ministre, a invité les lauréats à veiller à ce que leur future contribution au développement du pays soit à l’image de ces deux personnalités.

Le major de la première promotion Luck Delma recevant son parchemin des mains du ministre de la santé

Au nombre des manques figurent l’absence de laboratoires de contrôle certifiés par les organismes internationaux compétents, l’insuffisance de production locale en médicaments, la faiblesse de règlementation pharmaceutique et de gestion des approvisionnements des médicaments avec pour conséquence la circulation de faux médicaments et de trafics de médicaments dans nos formations sanitaires. Des insuffisances qu’il espère seront endiguées par les 21 nouveaux pharmaciens.

Pour avoir effectué des stages dans des pays à technologies avancées (Tunisie, Belgique, France) où ils ont été « émerveillés » par les « bonnes pratiques », Zakaria Yabré, le représentant des lauréats, a indiqué qu’ils se retrouvent à présent dans l’obligation de les transposer en les adaptant au contexte du pays pour relever les « nombreux » défis en matière de santé.

Parlant de relève, il a poursuivi en invitant ses promotionnaires à laisser briller en eux la fibre patriotique. « Il est important de garder à l’esprit que malgré les opportunités qui s’offriront à nous, nous ne devrons pas oublier notre pays le Burkina Faso qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui et qui fonde beaucoup d’espoir en nous », a-t-il formulé.

Risquer

Le Pr Guissou, dont la promotion porte le nom,  pour sa part leur recommande d’être « très performants » et de faire du pharmacien un acteur « visible » pour la prise en charge des patients à côté du personnel médical. « Cela veut dire que le médicament, ce n’est pas la boite que vous avez devant vous. Le médicament c’est ce que le malade devrait prendre », a-t-il expliqué. Celui qui a développé un médicament contre la drépanocytose à base de plantes médicinales locales a indiqué que les lauréats ont été formés dans le sens de valoriser les plantes médicinales.

Le Larlé Naaba Tigré a partagé sa « préoccupation première qui est de voir cette nation en bonne santé » et sa fierté de savoir que ses filleuls constitueront une pierre qui soutient la santé des populations.

Le représentant des lauréats recevant une enveloppe contenant la contribution du parrain le Larlé Naaba Tigré

Il a émis le souhait qu’à l’image de l’industrie pharmaceutique en Inde et en Chine, ils travaillent davantage à la promotion de la pharmacopée burkinabè parce qu’elle possède des remèdes certains pour certaines maladies. Avant de clore son discours, le parrain a invité ses filleuls à « oser risquer dans la vie pour être utile à [leur] communauté ». Ils verront à la fin que « le risque paye ».

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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