Burkina : Concertation à Ouaga contre la malnutrition

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Un enfant malnutri pendant les 1 000 premiers jours après sa naissance court le risque de souffrir d’une mauvaise formation de son cerveau. Par conséquent, il aura des capacités cognitives « réduites » avec pour effet la « faible capacité d’apprentissage ». Toute chose qui peut conduire à l’échec scolaire. Dans l’optique de réduire le pourcentage d’enfants avec un retard de croissance parmi les enfants de moins de 5 ans de 30,2% en 2015 à 15% en 2020 comme inscrit dans le Programme national de développement économique et social, le Conseil national de concertation en nutrition (CNCN) se réunit pour réfléchir sur la problématique.

En souscrivant au mouvement Scaling Up Nutrition (SUN) en 2011, le Burkina Faso s’est engagé à investir progressivement et durablement des allocations budgétaires domestiques. Cela pour le passage à l’échelle des interventions ayant fait leurs preuves pour mieux lutter contre les différentes formes de malnutrition. Ces formes vont du retard de croissance à  la malnutrition aiguë, les carences en micronutriments et l’anémie chez la femme et l’enfant, a relevé Anne Vincent;  la représentante résidente du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance.

Les premiers 1000 jours étant « absolument fondamentaux » pour les nouveau-nés, elle appelle à faire beaucoup plus pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Fait important, pendant cet intervalle de temps, 75% du cerveau se développe. Après le deuxième anniversaire, « c’est irréversible ».

Conséquence, cette malnutrition ne peut pas être seulement prévenue et traitée par des mesures purement nutritionnelles comme les vitamines, les suppléments alimentaires. De ce fait, Anne Vincent trouve fondamental d’établir une différence entre alimentation et nutrition. Elle explique : « on a toujours confondu alimentation et nutrition. On peut être alimenté en quantité mais pas bien en qualité et donc être malnutri. On peut être maigre et toujours malnutri. On peut être gros et être encore malnutri ».

Les conséquences de la malnutrition et les statistiques disponibles aident à veiller à la disparition de la malnutrition sous toutes ses formes. En effet, a indiqué Dr. Lansané Bangagné, conseiller technique au ministère de la santé, un tiers (1/3) des enfants de moins de cinq ans souffre d’un retard de croissance, 19,2% présentent une insuffisance pondérale et 7,6% sont émaciés. 

La résultante de ces chiffres, a relevé Anne Vincent, ces enfants vivront avec le risque d’avoir des problèmes de développement au niveau cognitif dus à un problème de développement cérébral et ne pourront pas être les bons élèves attendus et plus tard, les professionnels qui pourront développer ce pays. Or, poursuit-elle, « la nutrition est et reste un pilier majeur du développement d’un pays ».

Il n’en faut pas plus au Dr Bangagné pour déclarer que la malnutrition est un fléau qui annihile les efforts de développement. Ce qui nécessite l’imposition de la prise de mesures « fortes ». Et pour cause, dit-il, « investir 1 dollar dans la malnutrition permet d’engranger 16 dollars ». Se référant au PNDES, le Conseiller technique a relevé la volonté de réduire de moitié la malnutrition chronique qui oscillait selon les statistiques à 30,2%.

Il est en effet prévu dans le cadre du PNDES l’accroissement de la prise en charge de la proportion de la malnutrition aiguë sévère par rapport au nombre de cas attendus de 80% en 2015 à 95% en 2020. Egalement, l’accroissement de la malnutrition aiguë sévère guérie de 93,8% en 2015 à 100% en 2020 et la baisse du pourcentage d’enfants avec un retard de croissance parmi les enfants de moins de 5 ans de 30,2% en 2015 à 15% en 2020.

Oui Koueta

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