« Koglweogo Land » : Immersion dans des groupes d’autodéfense

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La question des « koglweogo » a fait couler beaucoup d’encre et de salive au Burkina Faso. Deux réalisateurs ont décidé de faire un film documentaire, « Koglweogo Land », de 1h 16 minutes, pour mieux cerner la question des « koglweogo » et la partager avec le public. La première du film a été suivie le vendredi 6 octobre 2017 au Ciné Neerwaya.

Depuis quelque temps, le Burkina Faso traverse des périodes d’insécurité (grand banditisme, braquage, attaques à mains armées dans les lieux de travail et d’habitation). L’Etat veut assurer la sécurité de tous. C’est notamment en réponse à cette insécurité grandissante que sont nés les groupes d’autodéfense appelés « Koglweogo ».

L’installation et le fonctionnement des « Koglweogo » sont appréciés différemment. Certains les applaudissent du fait de leur efficacité à retrouver les présumés voleurs. D’autres par contre, surtout les défenseurs des droits humains, dénoncent leurs méthodes de travail qu’ils qualifient de hors la loi.

Pour la production de « Koglweogo Land », les réalisateurs accompagnés de leur staff ont sillonné 15 localités du Burkina Faso : Fada, Ouagadougou, Bogandé, Thion, Logobou, Kodjéna, Natiaboali, Rassamkandé, Léo, Arbollé, Boulsa, Pensa, Kerboulé, Kelbo, Arbinda.

L’un des réalisateurs, Luc Damiba, a fait remarquer que les « Koglweogo » ont pratiquement les mêmes méthodes et systèmes dans la poursuite et la capture des présumés voleurs. « Ils ont une justice, des tribunaux populaires. On les connait avec leur méthode de torture. Les Koglweogo font également la torture publiquement (…) », dit-il.

« Nous avons eu des difficultés avec les forces de défenses et de sécurité qui ne comprenaient pas notre démarche. On a vécu des risques quotidiens avec les koglweogo. Nous étions habités par la peur parce que nous avons tourné le film dans le sahel, dans la forêt, à la frontière du Ghana à 22h, à 1h du matin. Nous n’avons pas les mêmes armes que les Koglweogo », a expliqué Ismaël Compaoré, l’autre réalisateur.

Luc Damiba et Ismaël Compaoré ont annoncé que le Ciné Neerwaya diffusera le film documentaire du 16 au 29 octobre 2017. L’union européenne également le fera à partir du 17 octobre à Bobo-Dioulasso, Fada, Dori et Ouagadougou. Et en novembre, à travers des séminaires, le film documentaire sera diffusé à l’international.

Irmine KINDA

Burkina 24



Rédaction B24

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