Il faut « placer la femme au centre de la lutte » contre l’extrémisme violent

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« On doit appeler les gens par ce qu’ils sont et non pas par ce qu’ils voudraient être. Ils disent qu’ils sont des djihadistes et nous les appelons par le nom qui leur plait ». C’est le commentaire fait par Hamidou Yaméogo, secrétaire exécutif de l’Organisation de la jeunesse musulmane en Afrique de l’Ouest (OJEMAO). Cette organisation a présenté, le dimanche 8 octobre 2017 à Ouagadougou, son plan de lutte contre l’extrémisme violent.

La chose « curieuse » selon  Hamidou Yaméogo secrétaire exécutif de l’Organisation de la jeunesse musulmane en Afrique de l’Ouest (OJEMAO) est que « quand ils nous attaquent, on les appelle djihadistes. C’est comme si on veut maintenir l’amalgame entre les attaques et la religion musulmane ». Et pour lui, ce discours doit être déconstruit. « On doit les appeler terroristes ou criminels », préconise-t-il.

En précision conceptuelle, l’OJEMAO désigne par djihadisme « l’effort personnel d’un individu à se conformer aux enseignements divins et aussi à la défense contre l’agresseur et l’oppresseur » et le terrorisme désigne « l’usage indiscriminé de la terreur notamment la violence meurtrière ».

« La lutte armée et la lutte pacifique »

C’est dans le cadre de la présentation de son plan de lutte contre l’extrémisme violent que l’OJEMAO a consigné dans un document intitulé « Programme de lutte contre l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest », que les échanges ont eu lieu le dimanche 8 octobre à Ouagadougou. Ce plan, à en croire Harouna Ouédraogo consultant, est bâti sur les conclusions du colloque sur l’extrémisme violent que l’organisation musulmane a organisé en août 2016 à Ouagadougou, en sus d’autres sources.

Le consultant de l’OJUMAO, Harouna Ouédraogo, après avoir établi les causes de l’extrémisme violent (volonté d’assouvir des desseins inavoués, idées séparatistes et promotion des idées islamistes) a préconisé des solutions pour venir à bout du terrorisme : « la lutte armée et la lutte pacifique », donne-t-il. Pour ce qui est de la première proposition, celle-ci doit être menée par l’Etat selon le consultant, mais elle ne garantit pas la victoire.

De la seconde idée, la lutte pacifique ou « préventive », elle consiste à « exterminer les facteurs attractifs et incitatifs qui conduisent à l’extrémisme », explique Harouna Ouédraogo.  Pour ce faire, l’OJUMAO propose des activités socio-éducatives axées sur l’amélioration des conditions de vie de la population et la culture de la cohésion sociale.

« Les premières à découvrir les changements de comportements »

Ainsi, des activités telles la formation en entreprenariat et en gestion d’entreprise, la sensibilisation sur la tolérance religieuse, la réalisation de films documentaires, la création d’une plateforme d’échange sur la cohésion sociale et la mise en œuvre de cellules féminines de veille sont envisagées.

De ce dernier point, Harouna Ouédraogo, explique que les femmes sont présentes « dans toute la chaine de l’extrémisme (…) Elles sont les premières à découvrir les changements de comportements de leurs maris et enfants. Il est alors préférable de placer la femme au centre du dispositif de lutte ». Pour ce qui concerne le dialogue, Hamidou Yaméogo précise qu’il doit être inter et intra religieux et/ou communautaire.

Pour la mise en œuvre de son programme, l’OJUMAO a établi un budget prévisionnel de 313 millions de Francs CFA. L’OJUMAO dit attendre les partenaires pour financer ce programme qui, selon Hamidou Yaméogo, est leur contribution. « Nous n’avons rien. Nous sommes des jeunes musulmans et nous en avons assez d’être indexés », dit-il.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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