Burkina: Plaidoyer pour l’agriculture familiale

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La coalition de la société civile et des organisations paysannes plaidentpour un accès effectif et équitable des petites exploitations agricoles du Burkina Faso  au financement public  de l’agriculture familiale. Elles  organisent à cet effet une conférence publique ce jeudi 19 octobre 2017 à Ouagadougou.

L’agriculture occupe au  Burkina Faso 80% de la population active  et est dominée par les exploitations familiales. Ces dernières sont confrontées  à des difficultés, notamment l’accès au financement public quantitatif et qualitatif, des difficultés de production et d’accès à la terre et à l’eau.

Des militants pour l’agriculture familiale confiants, que ce type d’agriculture peut assurer une souveraineté alimentaire, interpellent les autorités à se pencher sur ce mode de production.

Se fiant aux chiffres de la FAO, 56% de la production agricole provient de l’agriculture familiale, Lucien Omer Silga, le coordonnateur de l’ONG droit à l’alimentation adéquate, conclut : « donc c’est possible de nourrir le monde grâce à l’agriculture familiale ».

Pour lui, l’agriculture telle qu’elle a été faite au 20e siècle, c’est-à-dire  à base des énergies fossiles sur de grands espaces de façon homogène, ne peut plus prospérer au 21è siècle parce que notre planète rencontre actuellement des problèmes. C’est donc une alternative qui permet de nourrir la population mondiale et aussi préserver la terre pour les  générations à venir.

L’autre avantage de ce type d’agriculture réside dans la protection de la santé humaine et de l’éco-système.

Lucien Omer Silga, le coordonnateur de l’ONG droit à l’alimentation adéquate

« Tous les agronomes reconnaissent aujourd’hui les vertus de cette agriculture familiale pour la préservation de la planète et de l’écosystème», explique toujours le coordonnateur.

Bien que l’Etat fasse la promotion des deux types d’agriculture, il estime que l’agriculture familiale dans les faits est de plus en plus fragilisée.

En témoigne, selon toujours ses dires, l’accaparement des terres par des acteurs non agricoles avec la politique de libéralisation des ressources. « Il est clair que la loi 034 sur le foncier rural a créé des effets pervers. On a assisté à des acquisitions de grandes surfaces dans les zones les plus fertiles du pays », dit-il. A cela il ajoute la politique de promotion de certaines catégories de semences au détriment des semences paysannes.

Cette conférence débat devrait permettre aux acteurs à terme de faire un plaidoyer auprès des autorités pour la prise en compte des exploitations familiales rurales dans leur politique publique,  l’adoption de l’agro-écologie comme alternative aux méthodes de productions non respectueuses de l’environnement et de lutter contre les OGM.

En rappel,  cette conférence débat fait suite à plusieurs activités menées par la dynamique burkinabè lors de la semaine  de la Convergence Globale de Lutte pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest (CGLTE-AO) du 14 au 20 octobre 2017. Cette période englobe plusieurs dates importantes : le 15 octobre, journée de la femme rurale, 16 octobre, journée de l’alimentation et le 17 octobre pour la célébration de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Revelyn SOME

Burkina24



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