Communication de crise : 22 stagiaires de 7 pays repartent mieux outillés du Burkina Faso

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L’Institut supérieur d’études de protection civile (ISEPC) accueille annuellement des responsables sécuritaires, des élus locaux et des autorités administratives pour les former à mieux gérer la communication en cas de crise. Un exercice de simulation de période de crise a été expérimenté pour préparer les 22 stagiaires de sept pays à mieux répondre à la soif d’informations de la population.  

Cette année, vingt et deux (22) stagiaires originaires de sept pays (Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie, et Niger) sont venus apprendre à se familiariser avec la coordination en temps de crise et à ne pas occulter l’aspect communication. En fin de stage, ils ont été mis dans le contexte d’une crise réelle. L’exercice est le suivant :

« Un vendeur d’objets artisanaux aux abords de l’hôtel Rayi’s compose le 17 et signale des coups de feu à l’intérieur de l’hôtel. Dans le même temps, un vigile appelle son ami gendarme en service au Groupement mobile de Ouagadougou pour lui signaler qu’il y a des coups de feu.

Les coups de feu ont créé une débandade sur les avenues jouxtant l’hôtel. L’avenue B. et l’avenue K. sont complètement engorgées rendant très difficile la circulation. Une personne appelle de l’intérieur d’une chambre. Au total, elle dit avoir aperçu 2 ou 3 terroristes.

La RTB et la RTI viennent d’annoncer l’attentat. Les réseaux sociaux sont enflammés. Les médias tentent de joindre les autorités pour préciser l’événement. La population réclame un communiqué officiel. Un responsable d’auberge appelle pour signaler qu’il a hébergé 4 individus il y a 3 jours après avoir vu la photo du véhicule utilisé sur Oméga FM… » 

 Aucun doute pour le lieutenant-colonel Zongo Koudougou Abel, directeur général de l’institut. « Il y a nécessité parce que nous avons toujours vu sur les théâtres d’opérations que ceux qui sont appelés à travailler ensemble ne se connaissent pas forcément ». Après 10 jours de passés à l’Institut supérieur d’études de protection civile, affirme-t-il « les indicateurs sont forts », « les comportements ont changé, les points de vue ont changé, la manière de faire a changé ».

Cela montre que dorénavant, ils ne se comporteront plus de la même manière envers les journalistes. Ils sauront quoi faire désormais et comment les prendre en compte sur les théâtres d’opérations. « La formation a été bien conçue et bien perçue. Après cette formation, nous savons où nous situer et qu’est-ce nous devons faire lorsqu’une crise de ce genre arrive », apprécie le colonel des douanes, Baillet Benoit Sévérin, maire de la commune de Guiglo en république de Côte d’Ivoire.

Baillet Benoit Sévérin, maire de la commune de Guiglo en république de Côte d’Ivoire au micro et d’autres stagiaires de part et d’autres

 «Quelle que soit la manière dont vous gérez une crise, si la communication est mauvaise, la population peut se retourner contre vous », explique le directeur de l’institut. C’est aussi parce que les autorités administratives, les responsables sécuritaires souhaitent qu’« il y ait plus de cohésion ».

Le souhait d’avoir plus de cohésion est corroboré par le capitaine Yé Hervé, responsable du département communication à la gendarmerie nationale du Burkina. « On part du principe, dit-il, qu’en temps de crise, les journalistes, les forces de sécurité, les secours et les autorités administratives sont des partenaires à la résolution de la crise », dit-il.

Un responsable du comité de crise demandant aux journalistes de patienter hors du périmètre de sécurité en attendant que les autorités habilitées ne leur fournissent les informations à leur dispositions

Et parce que les forces de défense et de sécurité et les journalistes « ne sont pas du tout habitués à travailler ensemble », relève-t-il, « cela fait qu’il y a une crainte » à dissiper. C’est pourquoi, « dans ce stage de gestion de crise, il était important de prévoir la partie presse donc des journalistes qui ont l’habitude de côtoyer ces acteurs de venir participer à l’exercice, faire un retour sur expérience sur ce qui marche bien des fois, ce qui ne marche pas et contribuer à améliorer ces relations sur le terrain ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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