« Monsieur le ministre, votre forum ne nous intéresse pas ! »

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Le syndicat de la police nationale, l’Union Police nationale (UNAPOL), ne voit pas d’un très bon œil le forum sur la sécurité que compte organiser le ministère de la Sécurité. Le secrétaire général de l’UNAPOL, Wakilou Senou, n’a pas manqué, le jeudi 19 octobre 2017, d’affirmer que ce forum n’enthousiasme pas les policiers. 

« Il n’y a pas d’enthousiasme des policiers concernant ce forum », a commenté Wakilou Senou, secrétaire général du syndicat de la police nationale par rapport au forum que le ministère de la sécurité prévoit tenir. Les policiers ne sont pas dupes, poursuit-il, ils connaissent déjà l’issue du forum. Pour lui, les problèmes de la Police sont déjà connus du ministre. Il « a fait le tour de toutes les régions pour rencontrer les policiers, ils ont eu l’occasion de lui relater les problèmes qu’ils vivent au quotidien ».

Aussi, indique Wakilou Senou, l’UNAPOL n’a pas fait mystère des problèmes que vivent les policiers et le CASEM du ministère de la sécurité en a encore fait cas. « Depuis deux ans, [les] hommes sont aux carrefours, [dans les] bureaux avec les mêmes tenues délavées. [Les] hommes sont au front avec des armes qui s’enrayent aux premiers tirs, quand encore ça tire ! (…) C’est cela que nous voulons qu’il résolve », tempête de secrétaire général du syndicat.

L’UNAPOL réclame au ministre de la sécurité « qu’il apporte des solutions concrètes ». Le syndicat, sans faire part du budget alloué à l’organisation du forum, affirme que « ces millions auraient pu [leur] donner une dotation en tenues pour [leur] dignité ». Et pour illustrer les problèmes rencontrés, Wakilou Senou détaille : « regardez les Unités d’intervention, presque tous les véhicules sont sur cale. Il n’y a pas de missions de recyclage pour toujours être performants et on organise des forums à coup de millions ».

« Forces de défense et de sécurité, ça ne veut rien dire »

« Au Burkina ici, les gens ne veulent jamais respecter les textes. Les textes n’ont jamais été appliqués. Parce que si on va appliquer, la sphère de compétence territoriale de certaines entités dont je vais taire le nom mais que vous connaissez très bien, ne sera plus en ville. Ce sera dans les départements, mais ils ne veulent pas y aller. Maintenant, nous avons mis de l’argent pour élaborer une stratégie de sécurité intérieure qui n’a jamais été appliquée ni évaluée.

Mais actuellement, nous sommes en train de vouloir élaborer une nouvelle stratégie. Et le terme que les gens ont utilisé pour que la défense vienne usurper notre place au niveau de la sécurité, c’est Forces de défense et de sécurité. Ça ne veut rien dire. Que chacun fasse son travail et les moutons seront bien gardés. Dans un pays démocratique, les militaires n’assurent pas la sécurité, sinon nous sommes dans un Etat de police. La sécurité appartient à la Police.

Les gens s’étonnent qu’il y ait des problèmes au niveau du GSPR (Groupement de sécurité présidentielle). Le GSPR est une unité qui doit assurer la sécurité du Président (…). Au GSPR, on a pris des gens de la sécurité, c’est-à-dire de la police, qu’on a mis à la disposition des gens de la défense pour assurer des missions de sécurité. Je vous laisse analyser ».

Wakilou Senou, secrétaire général de l’Union police nationale (UNAPOL)

Sans s’ériger en devin, ironise le secrétaire général de l’UNAPOL, l’organisation dit présumer ce qui va en sortir sans en dire plus et s’adresse au ministre de la sécurité : « il faut que Monsieur le ministre sache que l’enthousiasme n’est pas dans les rangs. Son forum ne nous intéresse pas ! ».   

Sur un autre sujet, la « tension constante entre policiers et gendarmes ». A en croire Wakilou Senou, la question est très simple, les pays qui veulent solutionner ces tensions, l’ont fait. « Je pense qu’au Bénin, dit-il, le président n’a pas encore fait 5 ans, mais quand il est arrivé, il a vu que le problème existe, il a pris une action concrète. Il est parvenu à la fusion des deux entités ». Une action que l’UNAPOL ne refusera pas au Burkina.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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