Anick Guigma: « Si tu aides une personne, tu as aidé la Nation »

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Ils sont au nombre de quinze. Ils ont deux choses en commun. La nationalité burkinabè et leur participation au programme lancé par l’ancien président américain Barack Obama. Leur séjour au pays de l’Oncle Sam a réussi à créer un déclic. Celui de la conviction qu’ils peuvent, chacun en partant de ce qu’il sait faire le mieux, changer la donne en participant à la construction du Burkina Faso pour en faire une Nation à l’image des Etats Unis d’Amérique.

Les bénéficiaires burkinabè du Young African Leader Initiative (YALI) sont tous unanimes. « Ce programme m’a vraiment ouvert l’esprit. J’ai pu avoir l’exemple américain du leadership », commente Elielle Ilboudou. Même son de cloche chez Ousmane Ba pour qui, la participation au programme se résume à : « c’est vraiment un voyage qui transforme beaucoup votre vie ». Anick Guigma/Sidibé a quant à elle une autre perception du monde. « C’est vraiment une opportunité formidable. Ça a ouvert mon esprit et ça a changé ma vision du monde sur pas mal de domaines », entonne-t-elle.

Elielle Ilboudou a été au New Jersey. Cette étudiante en fin de cycle en master en économie du développement a appris que n’est pas leader « celui qui dirige, celui qui donne les ordres ». Chez l’oncle Sam, elle a découvert ce qu’est le servant  leadership « c’est-à-dire le leader qui sert les autres ». Cette découverte « très bénéfique » a contribué au passage à lui « ouvert l’esprit ». De même, cela lui a enseigné comment gérer son équipe, comment récolter de l’argent pour financer son projet (crowfunding). « Vraiment préoccupée par l’employabilité des jeunes » et « beaucoup » dérangée par le mot chômage, elle part de son exemple personnel pour pousser les jeunes à ne pas se tourner vers l’Etat une fois leur diplôme de fin d’études en main.

En effet, ce qui lui a valu d’être sélectionnée pour le programme, c’est sa témérité, son engagement. En explique-t-elle, après sa licence, elle ne s’est pas tournée vers l’Etat pour acquérir un place à la fonction publique. Sans employeur, Elielle Ilboudou ne se considère pas pour autant comme chômeur. Parce qu’elle a choisi de s’occuper.

Comment ? « J’ai essayé de voir, qu’est-ce que je fais naturellement et qui pourrait m’aider. J’ai commencé à travailler avec le pagne, le Faso dan Fani, le cuir aussi. J’ai commencé à fabriquer des accessoires pour les femmes, des sacs ». Et ce qu’elle fabrique, confie-t-elle, elle arrive à les vendre. Le résultat : « quand je me vois étudiante qui ne fait rien par rapport à étudiante qui travaille les accessoires, ce n’est plus le même statut ».

Son projet à présent, « c’est de pouvoir créer un centre artisanal pour apprendre aux jeunes à développer leur talent ». Des jeunes qui à la fin de leur formation pourront bénéficier d’un appui pour démarrer un business. Certes, « c’est un gros projet », admet-elle. Mais, son cas tient lieu d’exemple pour parvenir à avoir d’ici dix ans, « un certain nombre de jeunes qui n’ont pas attendu qu’on les embauche, mais qui ont développé quelque chose avec ce qu’ils savent faire ».

Ousmane Ba lui vient de Dori. Responsable d’une association, l’Union des foyers coraniques du Sahel pour l’éducation, la paix et le développement, il a pu apprendre comment contrer l’extrémisme violent dans un institut de civique leadership en Virginie. Là, il a appris comment les USMA communautés s’organisent pour mieux se prendre en charge. De même, ce fut l’opportunité de mieux comprendre les questions de la gouvernance locale, de nouer des partenariats avec d’autres régions de l’Afrique.

Son expérience, il l’a déjà partagé avec les membres de 25 associations dont 22 associations ont donné leur accord pour la création d’une nouvelle plateforme qui va encourager l’engagement civique, assister les collectivités territoriales sur les questions de gouvernance locale, sur l’autonomisation des jeunes et des femmes. Autre chose apprise par Ousmane Ba, c’est que « la population locale, si elle n’est pas associée, quel que soit le problème qu’elle vit, si elle n’est pas associée, la solution ne peut pas être durable ».

Anick Guigma/Sidibé est médecin généraliste. Aux USA, dans l’Etat du Delaware, elle a vu que l’hôpital aux Etats Unis, ça n’a rien à voir avec l’hôpital au Burkina Faso. Cette une des situations qu’elle veut contribuer à changer. Cette nette différence l’« a donné l’envie de faire en sorte que chez nous ça se développe ». Son rêve, confie-t-elle, c’est d’arriver à aider les personnes vivantes avec des maladies chroniques à améliorer leurs conditions de vie.

Anick qui se définie comme « féministe » à un autre projet en tête. Celui de permettre aux femmes qui travaillent dans le milieu scientifique d’atteindre les postes de leaders. « Mon projet, confie-t-elle, est de créer un réseau de femmes scientifiques qui sont ambitieuses et qui ont envie de rechercher ces postes de leadership pour qu’elles s’entraident à surmonter les obstacles qui vont jalonner leurs parcours ».

Le conseil qu’elle a à donner aux jeunes burkinabè qui souhaitent postuler au programme mais qui hésitent encore, « c’est d’oser ». Oser parce que « le programme demande juste à ce que tu partages ce que tu fais pour ta communauté ». Ce que certains hésitent encore à faire. Anick à sa petite idée. C’est parce que conclut-elle « on n’aime pas se vendre », parce que« ce qu’on fait, on pense que c’est toujours que c’est très petit ». Et pourtant « si tu aides une personne, tu as aidé la nation »

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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