Dengue au Burkina : Ce qu’il faut savoir

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Le Burkina Faso est dans une phase épidémique de la dengue. Plus de 4 000 cas suspects avec 11 décès ont été déjà enregistrés pour l’année 2017. La région du Centre, notamment Ouagadougou,  est la zone la plus affectée avec 80% des cas avec une forte concentration dans l’arrondissement de Nongre-mansom.

Depuis le mois de septembre 2017, la ville de Ouagadougou connait une épidémie de dengue. Cette maladie est causée par un virus qui est transmis aux hommes par des piqûres de moustiques. Ces moustiques piquent surtout le jour.

4 types de virus, provoquent la dengue (la dengue 1, 2,3 et dengue 4). Cependant, les symptômes sont les mêmes pour tous les types.

Pas de traitement spécifique

« Seulement, explique Yaméogo Issaka, chef de service de la surveillance épidémiologique au cours d’un échange avec la presse ce 24 octobre 2017, si vous avez la maladie de dengue pour un type de virus, vous  êtes immunisés à vie pour ce virus. Vous ne refaites plus la maladie pour ce type de virus. Mais si vous contractez la maladie pour un autre type de virus, il y a des risques élevés de développer une forme grave de la dengue ».

Maladie bénigne, elle s’apparente fortement au paludisme et jusque-là,  aucun traitement spécifique de la dengue n’est encore connu.

« Ce n’est pas une maladie avec un traitement spécifique comme le paludisme. L’agent de santé le traite en fonction des symptômes que la malade présente. S’il (le patient) a saigné beaucoup, on peut le transfuser. S’il vomit, il faut arrêter  les vomissements. Le  traitement de la dengue n’existe pas », continue Issaka Yaméogo.

Le palu et la dengue

Néanmoins, « elle peut se caractériser par une forte fièvre subite (39°) »,  mentionne Diallo Daouda, médecin au service de la santé publique, «alors que le palu commence généralement par 37° et ainsi de suite ».

Mais quelle est la différence entre les deux maladies ? « Les symptômes sont tellement proches qu’il n’est pas évident de faire la différence, note le médecin.  Dans le cas où vous avez les mêmes symptômes, l’agent de santé fait un traitement palustre et si à l’issue du 2e jour de traitement la fièvre ne baisse pas, il peut songer à la dengue ».

Il est également possible de développer la dengue et le paludisme.  Le médecin recommande alors dans ce cas d’administrer le traitement palustre et soigner les autres symptômes.   Pour l’heure, annonce  docteur Yaméogo Issaka, des recherches sont en cours pour trouver un traitement à la dengue. Dans tous les cas, il faut éviter l’automédication et se rendre dans un centre de santé dès les premiers symptômes.

Lire aussi 👉Traitement de la dengue par les décoctions : Dr Diallo Daouda déconseille fortement

 La ville de Ouagadougou est la plus touchée avec cinq arrondissements concernés. La répartition des cas sur la cartographie montre une forte concentration dans l’arrondissement de Nongremansom, puis Baskuy, Boodogo, Sig-Nonghin et Boulmiougou.

Pourquoi Ouagadougou précisément ?

A cause, de la forte concentration d’habitants, la mobilité des populations et l’insalubrité et bien d’autres éléments concourent à encourager la maladie.

Le taux d’attaque hebdomadaire  de cas suspects de la dengue est estimé de 27,9 cas/100000 habitants dans la région du Centre, et  de 21,5 cas probables à partir de la 41e semaine.

Les actions en cours pour lutter contre la maladie sont, entre autres, la pulvérisation des zones à forte concentration de moustiques et  ce du 23 au 30 octobre 2017, à des périodes bien précises,  notamment le soir parce que c’est le moment de la journée qu’il privilégie. Les médecins conseillent de se mettre à l’abri au moment de la pulvérisation. Les lieux peuvent être fréquentés 4 heures après le passage des agents.

Que faire ?

La lutte contre la maladie n’est pas le seul fait du ministère de la santé, précise monsieur Yaméogo. Il demande par conséquent l’implication des mairies pour la salubrité de la ville, et des personnes pour l’élimination des gites dans les cours tels, les pneus, les boîtes qui retiennent l’eau et deviennent  un milieu favorable au développement du moustique.

Mais des efforts restent à  faire au niveau des moyens financiers pour l’exécution du plan de riposte, du coût et de la disponibilité de tests qui restent absents pour le moment dans les centres de santé et de promotion sociale (CSPS).

Revelyn SOME

Burkina24



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