Ouagadougou abrite la 2ème édition de la Semaine des savoirs médicaux traditionnels

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Ouagadougou abrite depuis du 23 au 29 octobre 2017, la 2ème édition de la Semaine des savoirs médicaux traditionnels du Burkina Faso. Cette semaine, initiée par le ministère de la Santé en collaboration avec ses partenaires depuis 2012, s’inscrit dans l’esprit de la commémoration de la journée africaine de médecine traditionnelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; une journée dont l’objectif est de sensibiliser les gouvernants et les populations sur l’importance et la contribution de ce secteur dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé.

La journée africaine de médecine traditionnelle à proprement dite, la 15ème du genre, sera commémorée ce vendredi 27 octobre 2017 sous le thème « Médecine traditionnelle et innovation. » Elle offre l’occasion aux tradipraticiens burkinabè et de la sous-région, de faire valoir l’excellence dans leur pratique afin de renforcer la confiance entre eux et la population et par conséquent favoriser l’émergence d’une économie solide autour de la médecine traditionnelle.

Du reste la médecine traditionnelle, à travers le thème de la 15ème journée, trouve sa place dans le Plan national de développement économique social (PNDES) 2016- 2020 dont le Burkina Faso s’est doté, en son axe  stratégiques N° 2 intitulé « Développer le capital humain. »

La médecine traditionnelle au Burkina Faso

Le regain d’intérêt pour la médecine et la pharmacopée traditionnelle depuis le début des années 70 a donné lieu à la vulgarisation d’un certains nombres de termes que l’on a associés à l’expression                    « médecine et pharmacopée traditionnelles ». En général le discours sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles a tendance à inclure dans son champ lexical les termes de « promotion », « intégration » et « valorisation ».

Reconnue officiellement en 1994 au Burkina Faso, la collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine conventionnelle se développe et se renforce chaque jour. La création de structures d’interface en vue de promouvoir cette intégration est en expérimentation dans les Centres hospitaliers régionaux de Ouahigouya et de Tenkodogo. La volonté politique de faire du secteur de la médecine traditionnelle un levier de renforcement de l’offre de soins de santé se développe  également et est matérialisée depuis 2004, par l’adoption d’une politique nationale et des textes réglementaires en la matière.

Selon l’OMS « on trouve les praticiens de la médecine traditionnelle et les accoucheuses traditionnels dans la plupart des sociétés. Ils appartiennent souvent à la communauté, à la culture et aux traditions locales, et continuent de jouir d’une grande estime sociale dans plusieurs endroits, exerçant une influence considérable sur les pratiques locales de santé » et que « la médecine traditionnelle  constitue soit le mode principal de prestation de soins de santé, soit un complément à ce dernier. » D’où la nécessité d’avoir le soutien de certains groupes stratégiques notamment professionnels et politiques ; ce qui suggère la reconnaissance des praticiens de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles par les professionnels de la santé en tant que leurs collègues et que cela soit reconnu par l’Etat.  Car au fond, ni les pharmaciens, ni les médecins, ni les gouvernants, encore moins les couches culturellement favorisées de la société ne sont, par principe, opposés à la médecine et à la pharmacopée traditionnelle.

Quelques résultats liés aux recherches de la médecine traditionnelle

La recherche nationale est en ses débuts dans le domaine des aliments santé (Alicaments), qui sont des produits alimentaires auxquels on ajoute des substances provenant des plantes, des vitamines, des minéraux et des nutriments hors substances purifiées provenant des aliments conventionnels. A titre d’exemple, le Soumbala, le moringa, la spuriline, sont des aliments dont les propriétés thérapeutiques sont reconnues et validées.

L’industrie des aliments santé est un secteur prometteur avec d’énormes potentiels de croissance. A titre indicatif le marché mondial des aliments santé était de 6,8 milliards en 1999 et en 2002 on l’estimait à 8,2 milliards de dollars US, avec les Etats Unis, le Japon et l’Europe de l’Ouest en tête en tant que producteurs et consommateurs. L’Afrique fait plutôt partie des producteurs, au contraire de la Chine qui a accru sa production aussi bien que sa consommation ces derniers décennies.

Au Burkina Faso, comme dans de nombreux pays africains, les habitudes alimentaires sont en train de changer en faveur des mets locaux. L’élévation de l’espérance de vie et la prise de conscience des méfaits d’une alimentation non encore maitrisée favorisent un regain d’intérêt pour les aliments santé. Il y a donc une forte demande de ces alicaments par des ONG intervenant dans la promotion des soins de santé primaire pour l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants défavorisés.

Dans les pays développés et émergents, le meilleur niveau de revenu et les changements culturels en faveur des produits de spécialités, de la promotion de la médecine préventive, et de la popularisation croissante de l’automédication jouent en faveur du développement du marché des aliments santé.

Ministère de la Santé



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