Putsch au Burkina : Les charges retenues contre Gilbert Diendéré  

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L’audience de confirmation des charges dans le cadre du dossier Coup d’Etat se poursuit. Le passage du général Gilbert Diendéré était attendu pour le 26 octobre 2017, mais finalement, c’est le vendredi 27 octobre 2017 que celui qui était à la tête de la junte est passé devant le Tribunal militaire.

Les charges retenues contre le général Gilbert Diendéré sont : atteinte à la sûreté de l’Etat, trahison, crime contre l’humanité, actes de terrorisme, complicité de dégradation de biens.

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Me Mathieu Somé, avocat du général Diendéré,  a indiqué à la presse que l’instruction du dossier de son client « n’a pas été conduite normalement ». Il a demandé par conséquent que l’ordonnance du juge d’instruction soit annulée. Si cette demande est entérinée, « tout est annulé et on libère tout le monde. Mais si l’ordonnance de poursuite survit,  on peut annuler et recommencer » l’instruction du dossier, indique-t-il.

L’avocat du général Gilbert Diendéré fonde sa demande d’annulation de l’instruction pour plusieurs raisons. La première, expose-t-il, découle des contradictions de l’ordonnance rendue par le juge qui abandonne certaines charges (coups et blessures, association de malfaiteurs) pour les retenir par la suite.

Le second point évoqué par le Conseil du général Diendéré pour fonder la  demande, est « la violation des droits de la défense ». Sur ce point, Mathieu Somé explique qu’il était pratiquement seul sur le dossier vu que la constitution des avocats étrangers avait été déclarée irrecevable par le juge d’instruction. « Il n’avait pas raison », note l’avocat. C’est au moment où toute l’instruction était terminée, raconte-t-il, que la Chambre de contrôle a notifié la convocation des avocats étrangers.

La troisième raison selon l’avocat, est la perquisition. A en croire Me Somé, « la perquisition a été faite chez le général en son absence. On a saisi des pièces qu’on a utilisées en expertise contre lui. L’article 58 de notre Code de procédure pénale dit que lorsque de telles situations se présentent, c’est la nullité. Je n’invente rien, notre loi est claire, il faut annuler ».

L’avocat avance aussi qu’il y a eu un problème en ce qui concerne l’expertise. « La puce du téléphone principale [de Diendéré] a disparu. Et c’est sur ce téléphone qu’il semblerait que Nion a envoyé un SMS qui aurait déclenché tout ça. Pourquoi cette puce disparait ? », questionne Me Somé.

Me Somé a également indiqué que son client est détenu illégalement. Le mandat de dépôt n’a pas été renouvelé, révèle-t-il. « C’est une détention illégale et arbitraire. Il faut avoir le courage de le dire ».  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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