« Dem -Dem », ce départ qui jette le froid sur les JCC à Tunis

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« Dem – Dem », (partir en wolof, langue) est le titre d’un des films court métrage sénégalais en compétition aux 28e Journées cinématographiques de Carthage (JCC). C’est aussi ce départ sans retour du formateur sénégalais Abdel Aziz Boye, le jeudi à Dakar, annoncé la veille de la projection du film.

Le court métrage « Dem-Dem » du trio de jeunes réalisateurs sénégalais et belges  Pape Bounama Lopy, Marc Recchia et Christophe Rolin en lice pour la compétition officielle, s’ouvre avec une minute de silence observée en la mémoire du disparu, formateur de ces derniers.

C’est avec la gorge nouée qu’ils souhaitent bonne séance de projection au public. C’est encore presqu’en sanglots que Pape Lopy Bounama dédie leTtanit d’argent décerné au film à son formateur parti très tôt sans avoir goûté aux fruits de l’arbre planté.

« Avant de venir à Carthage, quand je suis allé le voir, il me disait : vas-y et ramène nous le Tanit. Je ne pouvais pas imaginer cela son départ si tôt», confie le jeune réalisateur.

Attristé par cette disparition de son maître, il n’a pu retenir ses larmes devant le public des JCC  quand il fallait prononcer quelques mots.

Pape Bounama Lopy et Christophe Rolin, deux des réalisateurs de “Dem-dem” posant avec leur prix

« C’est mon unique professeur. Il m’a appris à écrire et à réaliser un film, il a aussi ouvert sa porte à Marc et Christophe. Au fait sans lui le film n’allait pas voir le jour », dit-il.

 « Dem – Dem », ce film qui pose la question de l’immigration et de l’identité change de sens ce jour avec la disparition de leur professeur dira Marc.

« On vient de voir le film, une fois de plus et le sens a changé complètement après cette disparition. C’est aussi un film qui traite du deuil, le fait d’accepter laisser partir l’être aimé à la fin du film, ça devient très particulier aujourd‘hui avec le départ aussi de notre maitre », explique-t-il à la sortie de la projection du film.

La petite histoire du film débute avec un passeport belge ramassé au bord de la mer. La photo  sur le passeport ressemble à l’acteur et il  se fixe l’objectif de voyager avec ce passeport malgré les doutes de sa femme.

Un trio de réalisateurs

Un film né de l’aventure de deux Belges. « C’est une création très spontanée puisque que Marc et moi, on est arrivé à Dakar. C’est la deuxième fois qu’on fait ça. On part dans un pays qu’on choisit au hasard sans scénario mais il y a une raison à ça. C’est qu’on aime bien se laisser imprégner par le contexte nouveau au lieu d’imposer un regard qui vient peut-être de nos préjugés, nos clichés sur un pays, l’histoire vient des autres et nous envahit un peu », raconte Christophe Rolin.

 Ainsi leurs pas les ont guidés à « Ciné Banlieue » le centre de formation en cinéma du regretté  Abdel Aziz Boye. Une affinité particulière naît  avec Pape Lopy avec qui ils forment le trio de réalisateurs.

Revelyn SOME

Burkina24

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