Saran Sérémé : « Sachons préserver la paix et l’unité nationale en évitant les dérives »

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Dans l’optique de renforcer la proximité du médiateur du Faso un « intercesseur gracieux chargé de défendre les citoyens face à la toute-puissance de l’Etat », sa présidente Saran Sérémé a effectué sa première sortie depuis sa nomination dans le Centre-nord à Kaya. Au cœur de cette stratégie figure en bonne place la formation, le recyclage des délégués régionaux et leurs secrétaires qui a débuté après la rencontre avec les populations de la région.

«La situation sociopolitique post-insurrectionnelle est plus que jamais marquée par une grande prise de connaissance et de conscience des droits du citoyen, une aspiration légitime de leur application, mais hélas par une grande décroissance de la culture, du civisme, faisant parfois la culture de l’anarchie», constate Saran Sérémé, médiateur du Faso.

Pour calmer toutes les ardeurs, l’intercesseur « gracieux » chargé de défendre les citoyens face à l’Etat tient à Kaya dans la région du Centre-nord, une rencontre de renforcement de compétences par une formation, recyclage des délégués régionaux et leurs secrétaires sur les méthodologies et techniques d’organisation de service et de gestion des statistiques. La présidente de l’institution a formulé le vœu que les attentes des participants soient comblées et que leurs insuffisances soient résorbées pour un accomplissement efficace des missions à eux assignées.

Avant la réunion, Saran Sérémé a rencontré les populations de la région à la salle polyvalente réalisée dans le cadre des festivités du 11-Décembre dernier. La médiateur du Faso, prête à apporter sa contribution à la gestion des phénomènes récurrents de crises et de conflits qui opposent les citoyens et l’Etat et qui se placent aujourd’hui au cœur des préoccupations du développement du pays, plaide pour l’apaisement là où la rancœur s’est installée en appelant chacun à faire preuve de tolérance, de pardon et à surpasser les divergences et les différences pour la construction de la nation. 

« Au-delà des ambitions personnelles, sachons préserver la paix et l’unité nationale en évitant les dérives anarchistes et l’incitation à des situations conflictuelles à cause des crises sociales graves », invite Saran Sérémé.

Des ressortissants de la région du Centre-nord venus à la rencontre du médiateur du Faso dans la salle polyvalente de Kaya avant l’atelier de formation des directeurs régionaux et de leurs secrétaires.

Substitution à la justice ?

« Le médiateur du Faso n’est pas juge et n’a pas vocation à le suppléer sur son terrain. Il le complète sur la bonne régulation des rapports entre l’administration et le citoyen, non seulement au nom de la loi mais également au nom de l’équité dont la non-prise en compte pourrait compromettre dangereusement la paix sociale, gage de l’ancrage démocratique et le développement durable », a expliqué sa présidente.

Avec en face la loi, générale et impersonnelle, qui suscite chez le citoyen un sentiment profond d’injustice et d’iniquité, poursuit-elle, « au nom de la justice et de l’équité, l’Etat a obligation de corriger de telles situations par des initiatives adaptées ». Faute de quoi, dit-elle, l’autorité de la loi se retrouvera affaiblie parce qu’incomprise et au pire des cas, rejetée par le citoyen qui lui substituera ses propres normes. Des normes qui lui paraîtront plus conformes à son sentiment naturel de justice et d’équité.

Celle qui en octobre 2014 faisait partie des opposantes à la modification de l’article 37 avec spatule en main n’a pas manqué de relever la présence de plus de femmes dans la salle. « Vous nous montrez que vous êtes capables de vous battre et que vous êtes capables de vous approprier cet instrument parce que la femme est toujours le symbole du pardon, de la paix, de l’unité », a déclaré à leur endroit l’amazone du Sourou.

Saran Sérémé appelle ses concitoyens à saisir cet instrument républicain pour la correction ensemble des torts et dérives pouvant engendrer des situations conflictuelles en contribuant par la même occasion à l’édification d’une nation en quête du progrès démocratique, économique et social.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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