Affaire Bahan Yénilo : « Le temple du savoir ne doit pas se transformer en un ring de pugilat »

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La réponse de l’administration de l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo est tombée le mercredi 22 novembre 2017 sur l’affaire Bahan Yénilo, du nom de cet étudiant sanctionné par le Conseil de discipline de l’Université pour avoir agressé Karim Zango, un autre étudiant. Bahan Yénilo s’est vu annuler ses résultats académiques de l’année 2015-2016 et sa réinscription en 2018 est conditionnée par une réconciliation. Des étudiants, à travers l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB), ont exigé l’annulation de la sanction sinon, une grève de 48 heures, les 23 et 24 novembre 2017, sera observée.

Le mercredi 22 novembre 2017, l’administration de l’Université est montée au créneau pour donner sa version des faits. Selon les explications du Pr Pierre Malgoubri, directeur de l’Unité de formation et de recherche en lettres, arts et communication (UFR/LAC), il a été demandé aux deux belligérants, Bahan Yénilo et Karim Zango de fournir un rapport de l’agression. Si le plaignant a fourni le sien, il n’a pas été le cas pour Bahan Yénilo, l’accusé.

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Il « a refusé de fournir le rapport », a révélé le Pr Pierre Malgoubri. Pis, ajoute-t-il, Bahan Yénilo avait « une attitude un peu discourtoise envers les enseignants et la commission (interne) ». Le problème a d’abord été discuté dans cette commission avant la transmission du dossier en Conseil de discipline. Suite à tous ces éléments, c’est en s’appuyant sur les textes que « la situation a été gérée » et a conduit à cette sanction.

Les responsables de l’ANEB, le 21 novembre, ont dénoncé « une violation de [la] procédure disciplinaire ». Sur les sept membres que compte le Conseil, cinq avaient siégé pour la prise de la décision. Mais selon les responsables de l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, le quorum était atteint et le Conseil était « en nombre et en qualité » pour délibérer. A noter que les décisions prises en Conseil de discipline ne peuvent faire l’objet d’appel dans cette instance, mais peuvent être attaquées devant le Tribunal administratif.

« C’est un comportement que nous n’allons jamais tolérer sur le campus »

Le Pr Mahamoudou Sawadogo, vice-président chargé des enseignements et des innovations pédagogiques a appelé les étudiants à se ressaisir. Ainsi dit-il, « l’appartenance à une association d’étudiants à caractère syndical soit-il, ne doit pas légitimer une agression physique d’un autre étudiant ou d’un quelconque acteur de l’Université. C’est un comportement que nous n’allons jamais tolérer sur le campus. Le temple du savoir ne doit pas se transformer en un ring de pugilat ».

A en croire le Pr Sawadogo, le Conseil a tendu la main à Bahan Yénilo, en siégeant « deux fois ». Depuis mars 2017 jusqu’en novembre, « je m’attendais à ce que l’étudiant Bahan puisse venir dire : ‘’je reconnais mes erreurs’’. C’est le contraire que nous avons vu », relate le Pr Mahamoudou Sawadogo.

Revenant sur l’annonce de la grève, l’administration de l’Université reconnaît les droits de l’ANEB, mais estime qu’ « il n’y a pas de raison fondamentale ». Mais elle précise que les conséquences seront « immenses ». Selon l’administration, le fait de bloquer les activités académiques pendant 48 heures va se répercuter sur le reste de l’année. « Actuellement, ce sont les évaluations et l’UFR concernée, les 23, 24 (novembre), ce sont des jours d’évaluations », informe le vice-président chargé des enseignements et des innovations pédagogiques.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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