Dossier Sankara : Une seconde ère s’ouvre

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Le Président Emmanuel Macron, en visite au Burkina, a annoncé la levée du secret défense qui planait sur les archives françaises dans l’affaire Thomas Sankara. « Ces documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè. Tous. La justice burkinabè aura donc accès à tous les documents qui concernent l’affaire Sankara », a-t-il déclaré le mardi 28 novembre 2017 à Ouagadougou. Cette déclaration a été saluée par Me Benewendé Sankara, un des avocats du dossier qui s’est confié à Burkina 24 le mercredi 29 novembre 2017.

Les avocats de la défense dans le dossier Thomas Sankara et ses 12 compagnons assassinés le 15 octobre 1987 avaient engagé des procédures pour la levée du secret défense et une commission d’enquête parlementaire avait été demandée à l’Assemblée nationale française par ceux-ci, mais est restée sans suite. « On nous a même fait tourner en rond », se remémore Me Benewendé Sankara.

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Cette décision d’Emmanuel Macron de déclassifier les dossiers, à en croire l’avocat, « ouvre une seconde ère » dans la procédure judiciaire. Elle est alors qualifiée de  « salutaire ». « C’est une décision que nous apprécions. C’est une décision dont nous nous félicitons », s’est réjoui Me Sankara. Sans doute, l’avocat indique que cette nouvelle donne va accélérer l’instruction en cours vu que le juge d’instruction (burkinabè) a déjà émis une commission rogatoire.

En rapport avec le contenu des archives, si déjà certains Burkinabè estiment qu’il sera dégraissé, Me Sankara reste optimiste. Il faut éviter d’être « sceptique », dit-il. « Je pense qu’il faut créditer un minimum de bonne foi. J’ai aimé cette phrase de Macron qui dit qu’en Libye (concernant la vente des migrants, ndlr), c’est avant tout des Africains. Si nous voulons prendre en main notre propre destin, il faut avoir un minimum de confiance aux autorités judiciaires, sinon pourquoi alors demander qu’on lève le secret défense ? ».

N’étant pas dans cette logique de scepticisme, l’avocat a réaffirmé son « optimisme », mais le couvre du qualificatif « prudent ». Aussi rappelle-t-il, cela fait plus de 20 ans que les avocats portent ce dossier. « Si on avait œuvré dans la fatalité, aujourd’hui, nous n’aurions pas de tels résultats », se convainc Me Sankara.

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Pour la suite et pour entrer en possession des documents déclassifiés, cela relève du juge d’instruction burkinabè en charge du dossier et maître de la procédure, informe Me Sankara. Il peut travailler dans le cadre des accords de partenariat judiciaire avec la France pour commettre le juge français aux fins d’un certain nombre d’actes ou se déplacer lui-même en France pour la consultation des dossiers.  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

Il y a 2 commentaires

  1. Parole parole ….. comme dirait l’autre.
    Continuezà faire honte aux Africains
    une justice burkina qui fait la manche face à cette france raciste et criminelle afin de recuperer des dossiers vides…
    une preuve de plus du mepris, voyez comment est traité le president burkina, chez lui en etant plus agé que ce petit macron…

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