Burkina : Des cartes pour de l’eau dans la région du Centre-Ouest

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Dans le cadre de son partenariat avec l’UNICEF, le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé une caravane de presse dans la région du Centre-Ouest du 19 au 21 décembre 2017. Cette sortie sur le terrain avait pour but de faire le point de l’intervention du gouvernement et de ses partenaires dans la gestion de l’eau potable en zone rurale.

Le projet, Recherche-Action sur les modèles de gestion durable des services d’eau potable en zone rurale, initié par l’UNICEF et soutenu par le ministère de l’eau et de l’assainissement vise à étendre le modèle de gestion déléguée au secteur privé appliquée à la gestion des adductions d’eau potable simplifiées (AEPS) aux zones de moyenne à basse densité où les populations s’approvisionnent à des point d’eau dispersés.

Mougabe Koslengar, coordonnateur de ce projet, a expliqué que le Burkina Faso dispose de 11 et 12% de pompes à motricité humaine qui sont en panne, soit environ 5200 pompes qui ne fonctionnent pas. « Chaque année, l’Etat et ses partenaires investissent beaucoup d’argent pour la réhabilitation de ses pompes et la population reste sans aucun service en eau. Il fallait essayer de voir, quelle solution pour mettre à l’état de service permanent ces points d’eau et le type de partenariat qui sied dans ce cadre », a-t-il dit.

Selon Julienne Tiendrébeogo, directrice régionale de l’eau et de l’assainissement du Centre-Ouest, le taux est de 68% au niveau de la région et de 63% au niveau national en matière d’accès à l’eau potable. Ainsi, depuis 2016, la direction régionale de l’eau et de l’assainissement s’est engagée avec l’appui de l’UNICEF dans le cadre de ce projet pilote recherche-action, dans deux communes.  Il s’agit de Kyon et de Dassa dans la région du Centre-Ouest.

Julienne Tiendrébeogo a affirmé que « l’objectif du projet c’est d’apporter des solutions aux problèmes de gestion des ouvrages hydrauliques en milieu rural ». Par ailleurs, elle a rappelé que le gouvernement s’est engagé dans un processus pour améliorer la gestion de ces ouvrages.

« C’est bien de réaliser, mais quand au niveau de la gestion, ce n’est pas bien assuré, c’est difficile d’améliorer les indicateurs», a-t-elle précisé. Jean Christophe Ky, directeur général de Vergnet Burkina Faso, qui assure la gestion des infrastructures d’eau dans la commune rurale de Kyon, dans le cadre de ce projet, a fait savoir que leur rôle était d’assurer la distribution de l’eau potable et de manière pérenne à la population.

Dans le cadre du projet pilote à Kyon, plusieurs techniques sont utilisées pour la gestion de l’eau au niveau des pompes à motricité humaine (PMH) et des bornes fontaines. Ces outils permettent de connaitre avec exactitude la quantité d’eau vendue à la population sur une période donnée et d’éradiquer les maladies liées à la consommation de l’eau non potable.

Le système de vente à la carte

Un constat a été fait par les journalistes ce mardi 19 décembre 2017 dans la localité. Lambert Bassolé, gestionnaire d’une pompe dans la commune de Kyon, a expliqué que l’eau se vend à travers des cartes. Une carte d’abonnement et celle de la vente d’eau sont mises à la disposition de la population. Les abonnés doivent détenir une carte pour pouvoir bénéficier de l’eau. Après chaque puisage d’eau, un trou à l’aide d’une pince est fait sur la carte qui détermine la quantité d’eau puisée. La carte coûte  400 F CFA en raison de 43 bidons de 20 litres, soit 1 000 litres d’eau. Il faut noter que la vente en espèces est également possible.

Rita Badolo, gestionnaire également d’une pompe à Kyon, a laissé entendre que la population utilise l’eau des PMH pour la boisson et la cuisine. Pour les autres besoins, ce sont les eaux de puits et autres retenues d’eau.

Le 2e adjoint au maire de Kyon, Balibié Badiel, a salué l’arrivée de ce projet. « La gestion des pompes à motricité humaine nous causait d’énormes problèmes. Une fois que ça tombe en panne, ils (comité des usagers de l’eau) ont des difficultés pour pouvoir prendre en charge les réparations et un bon nombre des PMH sont restées en panne», a-t-il fait comprendre.

La gestion de l’eau à travers une carte magnétique

Dans la commune rurale de Dassa, c’est  la carte magnétique qui est utilisée. Cette technologie consiste à mettre à la disposition de la population des cartes magnétiques rechargeables uniquement pour l’achat de l’eau. Plus besoin de payer en espèces les services hydrauliques de la borne fontaine ni de faire un trou à l’aide d’une pince sur la carte. Le client doit disposer d’une carte qui a été au préalable enregistrée et rechargée pour ses besoins en eau. Le montant varie de 100 à 5 000 F CFA.

Un habitant de Dassa, Martin Bado, a déploré le coût de l’eau. Il a aussi précisé que dans la zone, il n’y a pas d’eau.  Mais il est conscient que c’est la manne de la borne fontaine qui doit être utilisée pour la boisson et la cuisine. « S’il faut payer l’eau pour consommer, pour la lessive et pour les animaux, cela est compliqué », a-t-il mentionné. Il souhaite que l’on revoie le prix de l’eau.

Jean Christophe Ky, de Vergnet Burkina Faso, a répliqué que « c’est prévu dans le contrat de revoir les prix en fonction de la forte fréquentation des points d’eau ». Mais les habitants de Kyon et Dassa sont tous unanimes de la qualité de l’eau servie et l’importance de ces points d’eau. 

En rappel, c’est dans le cadre de son partenariat avec l’UNICEF que le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a initié cette caravane de presse dans la région du Centre-Ouest du 19 au 21 décembre 2017. L’objectif principal de cette sortie était de faire le point de l’intervention du gouvernement et de ses partenaires en matière de gestion de l’eau potable en zone rurale.

Jules César KABORE

Burkina 24

Port folio

 



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