Fin d’année à Ouaga : La police n’est pas seule aux carrefours

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A l’occasion des fêtes de fin d’année, la police s’est davantage mobilisée pour réguler la circulation routière à Ouagadougou. Des agents sont postés au niveau de 46 carrefours identifiés. Ils sont, par endroit, accompagnés par des Volontaires adjoints de sécurité (VADS). Il arrive aussi que certains citoyens apportent leur pierre à l’édification de dame sécurité routière. Constat, ce dimanche 31 décembre 2017 !

Le service régional de la sécurité routière du Centre a fait appel à des élèves assistants de police pour la régulation de la circulation notamment à Ouagadougou en cette fin d’année. En plus des 22 carrefours où des « éléments » sont habituellement déployés, 24 autres sont couverts pour l’occasion.

L’opération a débuté depuis le 23 décembre et s’étend jusqu’au 3 janvier 2018. Il est midi, ce 31 décembre 2017, lorsque nous croisions des policiers postés au Rond-point du 2-Octobre, bien que les feux tricolores fonctionnent.

« En ce jour de fête et sous ce chaud soleil, vous laissez votre famille à la maison et vous êtes arrêtés ici. Vraiment, vous êtes des dignes fils du pays. Vous méritez plus que des bénédictions », laisse entendre un usager, l’air très ému.

Appui des VADS…

Après quelques échanges avec les policiers, nous continuons au rond-point de la « Bataille du Rail », situé à un jet de pierre du Lycée Marien Ngouabi. A ce niveau également, une bataille contre l’insécurité routière se mène.

Le Chef de service, ayant requis l’anonymat, nous informe que certains usagers ne s’en fichent pas mal des consignes. « Il y a toujours des gens qui ne respectent pas, malgré la présence des policiers. C’est dur, mais on essaye de faire avec », se réconforte-t-il.

Les agents déployés ont pour mission non seulement de travailler à éviter les accidents, mais aussi les embouteillages. Dans plusieurs carrefours de la Capitale, les policiers sont appuyés par des Volontaires adjoints de sécurité (VADS) et par des bénévoles.

Nous rencontrons un volontaire, Karim Traoré, au carrefour de la maternité Pogbi vers 13h. Il fait savoir que la circulation n’est pas encore dense à cette heure. « Tout se passe bien pour le moment, par la grâce de Dieu », dit-il. Karim a été recruté en tant que VADS depuis début 2016.

Des élèves régulent la circulation…

Il existe par ailleurs des civils qui n’ont pas été recrutés mais qui contribuent à réguler la circulation routière. C’est le cas de trois élèves calés au carrefour jouxtant le Camp Guillaume Ouédraogo et la Place de la Nation. Feuilles mortes et bois secs en mains, ils ont pris l’initiative de réguler au mieux la circulation.

« On passait une fois devant le Camp et on s’est aperçu que les feux tricolores ne fonctionnaient plus. Nous avons demandé l’autorisation aux responsables de la base militaire. Ils nous ont dit de réguler la circulation comme on peut, mais qu’ils n’aimeraient pas nous voir en train de faire la bagarre », confie l’élève Ouédraogo Samuel, 17 ans, tout timide.

Lire aussi : Fin d’année à Ouagadougou : La police est aux carrefours

Kaboré Achille, habillé en tenue d’école, corrobore les propos de son compagnon. Il faut noter que ces enfants bénévoles bénéficient souvent de la générosité de certains usagers. « Du matin au soir, nous pouvons avoir entre 4.000 et 6.000 francs. On ne demande pas de l’argent à quelqu’un. Le soir, on se partage. C’est ce qu’on fait pour éviter les accidents ici. On espère également avoir suffisamment d’argent pour payer le reste de notre scolarité », tente expliquer Achille, le rire jaune.

Pour rappel, le Commissariat central de Ouagadougou a enregistré 10.878 cas d’accidents faisant 32 décès en 2016. Ces chiffres se sont accrus. Du 1er janvier au 20 décembre 2017, 11.108 cas ont été enregistrés. Et 129 personnes ont malheureusement perdu la vie.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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