2018 : Roch Kaboré en appelle au « patriotisme » de ses compatriotes

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C’est « l’impasse » au bout de deux ans de mandat et en cette fin d’année 2017 agitée sur le front social dans plusieurs secteurs dont l’éducation. Pour autant, « optimiste » le chef de l’Etat dont « l’engagement pour le changement n’est pas à négocier avec les forces rétrogrades qui tentent de déstabiliser » le pays, en appelle au  « patriotisme » de ses concitoyens. Des concitoyens qui attendent tous une redistribution équitable du fruit de la croissance observée au cours de l’année écoulée.

Avec une « année 2017 marquée par une certaine agitation sur le front social, dans plusieurs secteurs, avec de fortes attentes quelques fois teintées de surréalisme et d’impatience », après avoir campé les décors, le chef de l’Etat partage sa résolution. Celle de « réformer efficacement » nos institutions et « moderniser » l’administration en se départissant « des mauvaises pratiques et habitudes qui pèsent sur la qualité des services publics et la gouvernance vertueuse » souhaitée par tous. Une gouvernance vertueuse qui se passerait de  l’incivisme, des « grèves perlées » et du « dialogue de sourd ».

En effet, à écouter les deux parties,  le ministère de l’éducation nationale et la coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE), tout porte à croire que dialogue de sourd,  il y en a. D’un côté, Jean Martin Coulibaly estime qu’ « on peut fonder l’espoir que cette crise est bientôt derrière nous », de l’autre la coordination annonce quant à elle 72 heures de grève dès la deuxième semaine de 2018.

Reformer, la solution ultime

Face à la « persistance » des revendications salariales qui se posent « avec acuité et urgence, la nécessité d’une réforme du système des rémunérations dans la fonction publique pour plus d’équité et de justice sociale », Roch Kaboré annonce pour février une « concertation » pour donner naissance à une fonction publique moderne, dynamique, tournée vers le développement et au service exclusif des usagers. Le gouvernement entend ainsi « mettre fin à la méthode qui consiste à régler les revendications de travailleurs au cas par cas » pour une « vision d’ensemble ».

A la confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B), cette annonce ne réjouit pas de si tôt. La question de la refonte du système de rémunération, a indiqué le secrétaire général adjoint Norbert Ouangré, «  n’est pas nouvelle ». Elle remonterait à un an de cela et aurait été posée à l’UAS par le chef du gouvernement en février 2017.

Réponse des syndicats : « nous avons répondu que nous n’étions pas par principe contre une refonte mais que nous attendions des propositions ». Mais, « depuis lors pour aujourd’hui annoncer que c’est en février qu’on va engager cette réforme », pour le secrétaire général adjoint de la CGT-B, « cela fait penser à du dilatoire ».

Appel au patriotisme pour mettre fin à l’impasse

« (…)Quelles que soient la pertinence et la réalité des revendications, il n’est plus possible de continuer à avoir une approche sectorielle qui a conduit à l’impasse dans laquelle se trouvent notre fonction publique et notre économie dont les capacités internes d’investissement en faveur de la grande majorité des Burkinabè sont mises à rude épreuve », constate Roch Kaboré. Pour l’un de ses conseillers spéciaux, un « hymne au patriotisme » se laisse percevoir dans le « message d’optimisme » d’un peu plus de 15 minutes du chef de l’Etat.

C’est sa vision qu’il décline,  perçoit le secrétaire général adjoint de la CGT-B. Est-ce que cet optimisme est partagé par les différentes couches sociales notamment les travailleurs ?, s’interroge-t-il. Norbert Ouangré « en doute ». Le président du Faso « optimiste » salue quant à lui « l’implication » de ses concitoyens qui a permis à l’économie de « renouer avec la croissance ». Une croissance dont la réclamation d’une redistribution égale est sur toutes les lèvres.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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