Coup de gueule : Ah ces griots des temps modernes !

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Ceci est un coup de gueule d’un lecteur.

Quel modèle de société faut-il donc pour le Burkina d’aujourd’hui et de demain ? D’entrée de jeu, voici à mon avis le meilleur angle sous lequel la question mérite d’être posée.

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En d’autres termes, l’on pourrait aussi se demander si  dans le domaine social, nous ne sommes pas en train de nous acheminer vers une espèce de gouffre insondable.

Toujours est-il qu’au-delà de notre manie de copier sur l’occident en tant que bon Africain, l’on constate aujourd’hui que dans certains domaines, nous sommes à titre de Burkinabè, en train de dériver manifestement.

Le jeune Burkinabè est plutôt en train de calquer chez lui, d’exécrables modèles venus d’ailleurs que d’occident, et qui s’insèrent dans un cadre contre lequel le monde entier lutte énergiquement, à savoir : Le parasitisme sous toutes ses formes.

En effet, en plus du « griotisme » ancien, moins nuisible et supposé rituel contre lequel l’on ne peut rien,  de la mendicité itinérante liée à la cécité et aux errements des talibés que la religion musulmane elle-même condamne dans tous ses segments, nous assistons aujourd’hui à une forme de tracasseries financières savamment organisées.

Figurez-vous que les acteurs de ces tracasseries ne sont ni griots de souche, ni aveugles, ni talibés.

Ce sont bel et bien des personnes bien portantes, qui  pour la plupart exercent des fonctions bien honorables leur permettant de vivre décemment, mais qui  choisissent  délibérément, de persécuter ou dépouiller adroitement les honnêtes citoyens.

Mais cet habile art d’extorsion de fonds, ceux-ci paraissent certainement l’envier hélas, à d’autres pays africains mieux nantis que le Burkina, dont ils l’importent consciemment ou inconsciemment.

A présent, venons-en au fait :

– Comment comprendre donc que pour une question d’honneur, en vous rendant naïvement  à une cérémonie de mariage où l’on vous a tout simplement invité, et calmement attablé autour du  « lunch », vous soyez interpelé sans relâche par vos attributs identitaires, dans le but de vous astreindre à sortir de l’argent.

-Comment faire pour résister sans humiliation à l’écho de vos noms et prénoms, mille fois tambourinés au son d’un haut-parleur, parmi d’autres noms de personnes dont certaines  semblent estimer naturel  ce genre de pratiques ou le rechercher volontairement pour se rendre populaires?

Surtout lorsque sans aucune hésitation, ces personnes se lèvent spontanément pour se soumettre fièrement au diktat de l’impénitent harangueur.

Pourtant, ce sinistre individu qui, mine de rien exhorte encore de plus belle ses victimes pour s’enrichir sans vergogne, et ce à travers un verbiage étudié et calculé propre à son éloquence qu’il surnomme « Atalakou », est loin d’être oisif.

Très souvent, il s’adonne à cette comédie, en vue de se faire un supplément de recettes journalières ou mensuelles.

Et d’ailleurs, dût-il galérer dans un quelconque chômage, pour un jeune Burkinabè jouissant de toutes ses facultés, n’aurait-on pas plus intérêt à lui conseiller autre chose de plus prometteur, que l’option de persévérer dans des farces de cette nature ?

– Quel raisonnement adopter dis-je encore, lorsqu’en vous retrouvant dans une tribune où vous avez été honorablement invité, pour assister  aux phases finales d’un prestigieux tournoi, vous vous voyez assailli à votre arrivée et dans votre loge par des tambourinaires, pressés de vous délester de tout ce que vous avez en poche comme billets ou monnaie.

Et ces spécialistes de la percussion qu’ils ont pourtant comme métier, ne vous lâcheront d’un pouce, qu’après avoir obtenu ce qu’ils convoitent.

– Mais alors, et ces équipes de commentateurs, speakers et traducteurs qui, au lieu de se contenter de lire les discours et annoncer les invités à leur arrivée, se  transforment eux-aussi  en extorqueurs systématiques de fonds maintenant, que penser d’elles.

En dépit de leurs vénérables rangs de communicateurs, au lieu de se contenter  du rôle habituel qui est le leur, c’est à se demander s’ils ne sont pas devenus de véritables concurrents pour ces tambourinaires.

En effet, Parmi les personnalités invitées dans les tribunes, certaines ont pris la fâcheuse habitude de promettre ou effectuer des dons,

– Soit pour encourager les joueurs selon leurs performances de buteurs ou d’encaisseurs

– Soit pour remercier les animateurs pour leurs prouesses élogieuses

Donc, dans le cas d’un match ou d’une cérémonie de mariage, au vu de leur intérêt grandissant pour la part des dons à eux adressés,  nos spécialistes de la sonorisation n’hésitent pas à inverser les critères.

Apparemment devenus plus friands  d’espèces sonnantes et trébuchantes, et comme pour contraindre les uns et les autres à leur donner davantage, ils préfèrent consacrer le plus gros du temps à clamer au micro, les montants et destinations des dons effectués, tout en remerciant ouvertement les donateurs,  avant de réserver les minutes restantes pour le commentaire de l’événement lui-même, pourtant  plus prioritaire.

L’inconvénient de ce procédé, réside non seulement dans le mauvais reportage des matchs, mais aussi dans le malaise que cela entraîne pour ceux qui incapables de mettre la main à la poche, se sentent du coup frustrés et minimisés.

Par ailleurs, lorsque dans la recherche d’une pitance supplémentaire sans grand effet,  un communicateur amateur ou professionnel ose se rabaisser jusqu’à ce point, il y’ a de quoi se demander vraiment où va le Burkina ?

Croyez-moi, les mauvaises habitudes ont la dent dure, et il ne faut point penser que c’est toujours par contrainte que ces vices se propagent, mais parfois par mimétisme.

A l’heure où un peu partout en Afrique, l’on tend à condamner de plus en plus l’oisiveté et exhorter la jeunesse à plus de responsabilités, où l’on tend à prôner l’austérité  au Burkina  et à décrier le gaspillage et la corruption, ne faut-il pas d’ores et déjà songer à condamner ce «  griotisme » d’un autre temps ?

C’est-à-dire, faire en sorte qu’en « chassant un clou, un autre ne vienne pas  prendre sa place ».

TRAORE Sina

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