Burkina : Les enseignants veulent “quitter une éducation malade vers une éducation de qualité”

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« La discipline est de rigueur. Ne cédez pas aux provocations ». Grosso modo, ainsi ont été les consignes avant la marche de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) qui regroupe en son sein 15 syndicats, tous du monde éducatif. De la Bourse du travail à l’intersection de la Banque commerciale du Burkina (BCB) en passant par le rond-point des Nations-Unies, le parcours habituel a été respecté pour aller au carrefour de la Cathédrale de Ouagadougou afin de rejoindre le lieu de départ.

Du 9 au 11 janvier 2018, 15 syndicats de l’éducation entament une grève. Pour « soutenir les négociations » en cours avec le gouvernement, une marche a eu lieu à Ouagadougou. Durant tout le trajet, le centre-ville a baigné au son des cris stridents des sifflets, des mises en garde par la célèbre interjection burkinabè « heyii, heyii ». Des slogans anti-impérialistes se sont glissés des fois, mais l’essentiel des messages a concerné le contenu de la plateforme revendicative.

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Le mercredi 10 janvier 2018, en moins d’une heure temps, les enseignants présents à la marche, au moins un millier, ont regagné la Bourse du travail, non sans peine. Aidée par la Police nationale pour baliser le chemin à parcourir, la sécurité civile composée d’enseignants a été confrontée à l’impatience de certains usagers. Les tons se sont élevés, les indexes ont dansé par moment, mais vite, la communication a pris le dessus pour calmer les uns et les autres.

Vidéo –  Du soutien venu des bancs

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Aux côtés des responsables des syndicats de l’éducation, d’autres leaders syndicaux ont manifesté leur soutien. De ceux-ci, il est loisible de citer « le général » Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGT-B qui n’a pas manqué, comme à son habitude, de tacler le gouvernement. Ainsi, la Coordination nationale des syndicats de l’éducation a reçu du soutien de la part de nombreux syndicats dont ceux « du trésor, du ministère de la jeunesse, de l’Action sociale, des télécommunications, des Gestionnaires des ressources humaines, des secrétaires du Burkina… », a informé Bassolma Bazié.

Même si grève il y a, les négociations entre le Premier ministre et les syndicats se poursuivent, puisque le ministre de l’éducation a été débouté. Ainsi, Wend-Yam Zongo, Coordonnateur des syndicats de l’éducation informe que les négociations vont « tout doucement. Nous allons rester jusqu’à ce que nous trouvions un protocole d’accord », indique-t-il.

« Même dans [mon] cercueil… »

« Je dis et je répète, la plateforme qui est posée par l’ensemble des syndicats, que Bazié Bassolma soit vivant ou soit mort, même dans son cercueil, si la plateforme n’est pas résolue, le sommeil de certains sera inquiété (…).

Nous avons lancé un appel à l’ensemble de nos structures de rester sur le pied de guerre. Si dans un bref délai, il n’y a pas de solutionnement à cette préoccupation, je pense aussi que notre patience a une limite ».

Bassolma Bazié, le mercredi 10 janvier 2018.

Cette grève de 72 heures qui couvre l’ensemble du territoire national est respectée par les enseignants, à en croire Souleyman Badiel, membre de la CNSE. Mais, poursuit-il, des informations font cas de « mesures de répression prises » à l’encontre de certains frondeurs.

« Ce matin, indique M. Badiel, les camarades des Cascades nous ont appelés et ont signalé le fait que des lettres d’explication ont été adressées aux chefs d’établissements du post-primaire et du secondaire qui ont respecté le mot d’ordre de non transmission des données statistiques ». Selon le leader syndical, après une rencontre de la Coordination, une conduite à tenir sera proposée.

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Toutefois, les syndicats ont appelé les leurs à rester mobilisés : « même si ça doit durer, la mobilisation doit aller en s’agrandissant et non en s’affaiblissant ».

Ignace Ismaël NABOLE

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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