Balai citoyen : « La barque (Burkina Faso) est percée »

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Après 751 jours de mandat, soit un peu plus deux ans sur cinq ans de gestion du pouvoir par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) majorité au pouvoir (assistée de ses alliés), le constat dressé par le Balai citoyen est sans appel : « La barque (Burkina Faso) est bel et bien trouée ». D’où l’appel à la « redresser avant qu’il ne soit trop tard ».

Etonnement. Après deux ans de règne, « ces acteurs politiques qui ont toujours été aux commandes de ce pays depuis trois décennies » organisés au sein de la coalition au pouvoir aient fait montre de leur « incapacité à articuler une politique cohérente de gestion du pays » en lieu et place d’une « gestion approximative et par à-coups des nombreuses grèves qui ont secoué presque tous les secteurs de la fonction publique ».

Le Balai citoyen, par la voix de son porte-parole Smockey, s’étonne de constater qu’ils se montrent « incapables » d’anticiper les crises, de s’inscrire dans la rupture et de proposer des solutions innovantes aux préoccupations légitimes des travailleurs. Cela se perçoit selon les conférenciers à travers le contentement de l’exercice du pouvoir sans vision, ni autorité affirmée de l’Etat, ni courage politique de nature à inspirer les partenaires sociaux à circonscrire les légitimes revendications dans les proportions réalistes.

Education. Pour le porte-parole du mouvement Me Hervé Kam, face au « système éducatif (qui) se meurt », il y a urgence à éviter d’ajouter du mal au mal en faisant tout ce qui est possible pour sauver l’année scolaire. Au regard de l’ébullition du front social, « c’est no comment ». Combinaison faite après un coup d’œil rapide aux secteurs économique, judiciaire et sécuritaire,  il conclut que « la barque est percée ».

Justement ! l’avocat s’étonne de constater que « même là où tout le monde devait pouvoir dire que ça va, parce qu’il y a un travail formidable qui a été fait sous la transition – sur la justice– en donnant aux magistrats l’indépendance que ceux-ci réclamaient à cor et à cri des années, même dans ce secteur, on trouve le moyen de faire en sorte que ça ne va pas ».

Pour lui, l’indépendance et le « traitement enviable » des magistrats vont de pair avec la responsabilité individuelle et collective de ceux-ci à « vider » leurs tiroirs des dossiers pendants afin de créer les conditions d’une vraie réconciliation nationale.

« Il est inadmissible, récuse l’avocat, qu’après tant de sacrifices consentis par le peuple burkinabè pour donner à la justice son indépendance et aux magistrats une rémunération conséquente, les mauvaises pratiques au sein de la justice restent ».

Sécurité. Se fondant sur « [ses] sources », le balai citoyen a fait part de ses inquiétudes suite aux des informations obtenues auprès de « gens de la localité » et qui font état de « présumés exécutions extra-judiciaires auxquelles se livreraient des éléments de notre armée dans certaines localités du Sahel ».

Le mouvement, « force de proposition et de pression » invite le président du Faso et le gouvernement « à un sursaut patriotique pour redresser la barque Burkina Faso avant qu’il ne soit trop tard ». Un sursaut qui va de la recherche de solutions dans les meilleurs délais avec la Coordination nationale des syndicats de l’éducation, à la dotation des forces de défense et de sécurité de moyens humains et matériels adaptés à la lutte contre le terrorisme jusqu’à la veille pour la création d’un climat de confiance entre elles et les populations.

Pour plus de transparence dans la gestion des ressources, invite est lancée à l’Assemblée nationale afin que l’exécutif veille à ce que la loi portant partenariat public-privé (PPP) ne soit  « source de dettes exorbitantes qui pèseront sur les épaules des futures générations ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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