Burkina : Le jour où la polarité disparaîtra de la sphère politique…

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Le « déni de la conviction politique » est perceptible dans la société burkinabè. A l’opposition comme dans la majorité présidentielle, « les têtes qui dépassent » sont comme un poids insupportable porté sur les épaules. Alors, les exécutifs des partis n’hésitent pas à les envoyer au-dessous de la surface, quitte à les étouffer, à les noyer.  Et si tous évitaient à la population d’avoir à vivre la guerre des pôles ?

Le 7 février 2017, soit un peu plus d’un an après la formation du premier gouvernement du mandat du Président Roch Kaboré,  le Chef de file de l’opposition politique, déclarait qu’« une majorité alternative de vrai changement » était envisagée. Si à un certain moment, il a été envisagé de former une « majorité alternative », c’est parce que confiait Zéphirin Diabré, « ça fait mal en même temps qu’ayant fait tout ce travail pour l’insurrection, on en est dans une situation où c’est eux qui vont la gérer ».

Enfin ! C’est dit ! Mais alors… ?

La suite, elle est connue. La déception de certains militants vis-à-vis de l’option du bureau exécutif du parti qui a opté de ne pas aller au gouvernement a été matérialisée. Après «les Ouali (qui) s’agitent pour des raisons alimentaires », comme titrait L’Observateur Paalga en avril 2016, la crispation a abouti à la création d’un autre groupe parlementaire par 13 députés dénonçant « un déni de démocratie interne » au parti.

Cohabiter « dans l’intérêt du pays » comme en Tunisie        

La Tunisie, c’est ce pays qui a une histoire qui ne diffère pas tellement de celle du Burkina Faso. Contrairement à ce pays qui a lui aussi connu l’insurrection en 2011, « dans l’intérêt du pays »,  Nidaa Tounès (moderniste) et Ennahda (islamiste) dirigent ensemble la Tunisie débarrassée du dictateur Ben Ali suite au printemps arabe. Un autre point commun entre les deux pays, aucun d’eux n’a  sombré après la révolution.  

« En dépit de ce rapport de forces qui évolue de facto en sa faveur, le parti islamiste ne se départi pourtant pas de l’attitude conciliante, discrète, coopérative qui est sa nouvelle option stratégique. Ironie de l’histoire, ses dirigeants s’inquiètent même de la crise interne au sein de Nidaa Tounès dont le nouveau chef, Hafedh Caïd Essebsi, fils du chef de l’Etat, est entouré de partisans de l’alliance avec Ennahda », décrypte Frédéric Bobin, correspondant de Le Monde à Tunis.

Dans un pays où les idéologies ne signifient pas grand-chose et où souvent, tous sont du même courant, pourquoi ne pas aller au-delà de la polarité opposition-majorité ? Pourquoi vouloir, parfois même souhaiter que ceux qui tiennent les rênes échouent pour les remplacer ?  

Il est peut-être temps de penser aux Burkinabè et de dépasser la polarité opposition-pouvoir. Quitte à copier et coller ce qui se passe en Hexagone. Ce que nous savons si bien faire au Faso. Le ministère de l’économie et celui de l’action et des comptes publics de France sont entre les mains de Les Républicains (LR) Bruno Le Maire et Gérald Darmanin suite à la requête du Premier ministre,  lui aussi LR. Après tout, pourquoi pas ? Zéphirin Diabré l’a lui-même dit : « En politique,  il n’y a ni ami éternel, ni ennemi éternel ».

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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