“Kéogo” ou le rituel de circoncision à Rima Mossi

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Issa Zoné est artiste photographe burkinabè. Il a été lauréat 2016 du grand prix national de la découverte des sites  touristiques du Burkina Faso. Il parcourt les régions pour faire découvrir les richesses du pays. Mais cette fois, son objectif s’est dirigé vers une tradition de son village natal, Rima Mossi, une localité située à 11km du chef-lieu de la commune de Kalsaka dans la province du Yatenga.  Il plonge son public dans un voyage à travers des photographies des différentes étapes de la circoncision traditionnelle dénommée « Kéogo ». Cette pratique initiatique marque la transition de l’enfance à l’adolescence.

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La circoncision, cette pratique qui consiste à enlever le prépuce du sexe masculin des jours, voire des mois après sa naissance. Une pratique pour dit-on la propriété du sexe masculin.

Dans ce village mossi, c’est tout un rituel générationnel, au-delà,  une école pour les adolescents. Elle concerne les enfants de la même promotion, en âge de comprendre les enseignements,  entre 14, 15 et 16 ans.

Les initiés passent une semaine dans un isoloir où les nuits sont animées de contes et légendes. Une  grande fête avec des danses et de la musique traditionnelle est organisée dès le septième jour. Une  deuxième fête est organisée lors de la deuxième semaine. A la suite de ce processus, les enfants  regagnent le domicile de leurs parents devenus adultes.

Un enfant initié au « kéogo » entre dans la case des grands et commence à prendre ses responsabilités de la  vie pratique. Après le séjour au «kéogo», l’enfant quitte sa mère pour rejoindre son père où il va assumer  les responsabilités d’adulte.

Pendant ce long séjour au « kéogo », la capacité intellectuelle, physique et morale de l’enfant a été testée.  Le reste des lacunes sera réglé par les épreuves orales, contes, légendes et proverbes.

C’est l’aspect éducatif de cette pratique que le photographe dit vouloir laisser voir à travers cette exposition.

Issa Zoné, artiste photographe

« Dès le premier jour, c’est la circoncision proprement dite et durant le séjour, une semaine dans l’isoloir pour la guérison, c’est le temps de l’éducation », dit-il.

 «Quand un enfant est initié au keogo, on lui dit par exemple qu’il n’a plus le droit de mettre le pied sur la natte d’une quelconque femme si ce n’est sa propre femme », ajoute-t-il.

Gansoré Assouma, enseignant chercheur qui a consacré, dit-il,  une étude sur le « Kéogo » comme formule alternative pour les enfants en difficulté, les enfants dans la rue est  venu visiter l’exposition. Et en parle en ces termes : «nous reconnaissons le kéogo comme le passage de l’enfance à homme parfait, complet parce qu’il a tous les rudiments pour être un bon adulte. Il quitte la zone des femmes considérée comme la zone faible pour la zone des hommes ».

Sont-ils conscients du risque de contamination du fait que les enfants soient circoncis en groupe ?

« C’est ce côté que la modernisation traite de  sale. Mais de nos jours, tout est fait de sorte que tous les enfants qui entrent en kéogo ressortent vivants et bien portants. Ce qui veut dire qu’il y a beaucoup de choses qui ont été faites traditionnellement », a-t-il soutenu.

Par contre, ressortissant de ce village, ses  enfants ne subissent pas le même sort. Ils sont circoncis dans la modernité car dit-il, « étant en ville, je subis les effets de la modernisation ». Mais ces derniers une fois au village peuvent se mettre avec les initiés car considérés comme initiés déjà.

L’exposition débutée depuis janvier à l’institution français de Ouagadougou continue dans ce mois de février.

Revelyn SOME

Burkina24

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