Thomas Sankara : Témoignage de SB Sleeman

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Le Tunisien Saïd Ben Slimane (1) alias SB Sleeman a côtoyé le journaliste Sennen Andriamirado. Voici le témoignage qu’il fait d’un épisode qui a touché la vie de Thomas Sankara, publié sur son profil Facebook

 Sur une chaîne de télé tunisienne privée, un certain Lotfi Amari évoque la vie du président assassiné du Burkina-Faso. N’importe quel internaute de 9 à 99 ans peut accéder à la même somme d’informations – et les débiter à la mode des tronches de premiers de la classe qui nous prennent pour des débiles.

Pour ma part, je tiens à publier le témoignage suivant : la scène se passe dans les (anciens) locaux parisiens du Groupe de presse « Jeune Afrique ».

Été 1987. Je quitte la grande salle pour aller poser quelques questions au journaliste “vedette” le Malgache Sennen Andrianmirado. Je m’installe. Soudain le téléphone sonne. J’entends le collègue dire « Bonjour Président… ». La conversation continue et ma présence n’a pas l’air de déranger Sennen.

L’interlocuteur n’est autre que le jeune président du Burkina Faso, Thomas Sankara. Je m’étonne que le journaliste tutoie un président (et Africain – je me comprends). Je m’étonne aussi que le volet le plus sensible de la conversation concerne… les syndicats (proches de l’opposition et pièce sensible dans l’échiquier local). Après avoir raccroché, Sennen me précise qu’il a été le professeur de Thomas Sankara à l’Académie militaire d’Antsirabe, à Madagascar.

Deux mois après cette conversation, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’État organisé par un de ses camarades les plus proches, Blaise Compaoré (lequel – 27 ans après, presque jour par jour, le 31 octobre 2014, doit démissionner à la suite d’un soulèvement populaire).

En octobre 1987, Sennen était abasourdi, abattu. C’est à peine s’il répondait à ce que je lui disais. Bien des années plus tard, la vérité commence à poindre, comme le rayon de soleil hivernal. Qui a tué Tom Sank’ ? Mais c’est la Révolution, bien sûr. Celle qui empêche le néocolonialisme et les « Nègres de service » de dormir. De Paris à Washington, en passant par Abidjan (Yamoussoukro ?).

SB Sleeman


1- Saïd Ben Slimane alias SB Sleeman, aujourd’hui peintre à ses heures, a été journaliste en Tunisie puis à Jeune Afrique et à Radio Canada.



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