Cinéma : La matière sonore dans les créations revisitée

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Revisiter la matière sonore dans sa complexe relation à l’image, au jeu d’acteur, au  cadrage, à la narration et au récit de l’histoire dans le cinéma, c’est l’exercice qui a été donné d’expérimenter aux jeunes professionnels du cinéma du 3 au 18 févier 2018. Cette formation a regroupé une vingtaine de professionnels à l’Institut Imagine de Ouagadougou.

« Plus jamais que l’on ne se méprenne sur l’importance du son dans la création du film. Il doit être pris à part entière comme un sujet de création», dira Gaston Kaboré, fondateur de l’Institut Imagine et initiateur de la formation.

C’est d’ailleurs cette idée qui a soutenu l’initiation de cet atelier de formation des professionnels du son à laquelle ont pris part, des ingénieurs de son, des mixeurs, des producteurs et réalisateurs et même des comédiens qui saluent l’initiative.

Arice Siapi, réalisatrice camerounaise, participante

« Moi quand je faisais un film, le son ne me préoccupait pas. Je laissais cette partie à l’ingénieur son », témoigne Arice  Siapi, réalisatrice camerounaise avant de prendre la résolution d’y accorder une place autant importante qu’aux autres postes.  Car « c’est l’écriture en image mais c’est aussi l’écriture en son.  C’est donc l’attention qu’on portera à tout ça qui fera la qualité du film », dit-elle.

C’est donc cet état des fait, de reléguer le son au second plan dans la création du film que l’initiateur de la formation,  grand homme de cinéma, veut bannir. « Habituellement, on pense que le son ne sert qu’à accompagner les images. A juste titre, parce que le cinéma a été d’abord pour rapporter des histoires. La preuve en est qu’au départ le cinéma état muet », explique  Gaston Kaboré.

Mais aujourd’hui, s’en convainc-t-il, « on se rend compte que le son a un immense potentiel de récit et de narration. C’est une matière tout aussi concrète que l’histoire. On peut raconter une histoire extrêmement complexe rien que par le son ».

Et l’un des formateurs Philippe Ciompi, ingénieur de son, d’aborder dans le même sens en disant que « l’image nous donne des choses qu’on peut identifier rationnellement avec notre tête. Mais le son se met autour de nous et nous fait vivre l’image. Il nous donne la physicalité de l’image … Le son est toujours autour de nous et nous donne l’information sur tout ce qu’on ne voit pas».

Philippe Ciompi, ingénieur de son, l’un des formateurs

Cependant, ce technicien laisse entendre que la technique n’est pas le premier critère à mettre en avant.

« Un bon film en cinéma, définit-il,  ce n’est pas quand le son est techniquement réussi, très sophistiqué, non. Le bon son en cinéma,comme le son qui raconte une histoire et qui est spécifique au film concerné,  si le son développé est cohérent par rapport au film. Je le considère réussi ».

Cet atelier avait donc pour but de développer une autre démarche, une autre dimension du son qui est de l’explorer davantage dans les créations.

Pour Gaston Kaboré, la formation vient donner  de nouvelles oreilles, en quelque sorte une nouvelle culture du son, une nouvelle approche pour qu’ils puissent aller vers de nouvelles esthétiques dans la création sonore.

A noter que cette formation entre  dans le cadre de sa politique de formation dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel au profit des jeunes professionnels, à travers l’Institut Imagine.

Revelyn SOME

Burkina24



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