Vote des Burkinabè de l’extérieur en 2020 : Le point

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Si tout se passe bien comme prévu, les 2.566.500 Burkinabè résidant à l’extérieur, en âge de voter, pourront le faire en 2020. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) mouline, depuis plusieurs mois, les différentes propositions afin de rendre opérationnelle cette première expérimentation.

La question du vote des Burkinabè résidant à l’étranger s’avère un « sujet polémiste par essence », selon Newton Ahmed Barry, Président de la CENI. Elle suscite débats et inquiétudes depuis des années. Deux types de scrutins concernent la diaspora burkinabè : la présidentielle et le référendum. Mais, l’année 2020 approche à grands pas, la présidentielle aussi. Et les acteurs en charge de l’organisation des élections ne veulent pas être surpris.

Tous souhaitent que 2020 ne soit pas un faux départ. La loi sur le vote de la diaspora burkinabè a été votée depuis 2009. Deux élections ont été consommées sans son expérimentation. « Vote des Burkinabè de l’étranger : Etat d’avancement des préparatifs ». C’est le thème qui était au cœur d’une conférence publique ce jeudi 22 février 2018 à Ouagadougou.

La conférence animée par le Président de la CENI était modérée par le contrôleur général de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), Luc Marius Ibriga. Elle était placée sous la présidence du ministre de l’intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo, représenté par Daouda Ouédraogo, Secrétaire permanent du Conseil supérieur des Burkinabè de l’extérieur.

Les dispositifs pour baliser le terrain…

Newton Ahmed Barry, avant d’entamer sa communication, a précisé que c’est la CENI qui a été invitée par Le Tocsin, association promouvant les droits de l’Homme et la construction d’une paix juste au Burkina Faso et en Afrique.

La CENI travaille sur l’hypothèse qu’il y a environ 2.566.500 Burkinabè de l’extérieur qui pourront voter en 2020, dont plus de 1.740.000 vivent uniquement en Côte d’Ivoire. D’après les données compilées, il existe au total entre 7.300.000 et 7.500.000 Burkinabè à l’extérieur. « 985.000 d’entre eux possèdent des cartes consulaires. 1.100.000 sont immatriculés », a fait savoir Newton Ahmed Barry.

Les chiffres ne sont pas exhaustifs, mais les responsables de la CENI reconnaissent que la moitié de la diaspora burkinabè vit près de « la lagune Ébrié ». Le nombre et la répartition des Burkinabè vivant dans le pays d’Alassane Dramane Ouattara suffisent à créer un bureau de vote dans chaque village ivoirien. Sur la base des 2.566.500, 5.133 bureaux de vote seraient nécessaires dont 3.500 en Côte d’Ivoire.

Les acteurs ont consulté l’expérience de vote de la diaspora réalisé par le Mali, le Niger et le Sénégal. Newton Ahmed Barry espère que l’expérimentation du vote des Burkinabè vivant à l’extérieur sera effective en 2020. Le journaliste expérimenté fonde cet espoir sur la bénédiction des autorités et la disposition du Tout-Puissant.

Les dispositifs pour baliser le terrain prévoient la révision du Code électoral (prise des décrets subséquents) d’ici mars 2018, les préparations des communications et des éléments de langage d’ici mai 2018, la sortie d’explications dans les Ambassades et Consulats d’ici août 2018.

Décembre 2018-mars 2019 constitue le temps pour se conformer et  disposer des documents nécessaires. La constitution du premier fichier électoral des Burkinabè de l’extérieur est prévue d’ici juillet 2019. Et enfin la révision du fichier électoral général avant le 31 décembre 2019 et le vote des Burkinabè de l’étranger dans le dernier trimestre de 2020.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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