Agriculture et élevage : Le cri de cœur des femmes rurales aux autorités

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Les femmes rurales continuent de donner de la voix pour le respect des 10 mesures phares pour lesquelles des candidats à l’élection présidentielle dont le président du Faso s’étaient engagés à trouver des solutions. Le cadre de l’after-work de ce mardi 27 février 2018 avec les députés membres du Réseau des parlementaires pour la promotion de l’agriculture et de l’élevage (REPAE) leur a servi pour partager les difficultés qui sont les leurs.

Dans leur lutte de veille citoyenne, les femmes rurales peuvent compter sur le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG) et du Centre d’information, de formation et d’études sur le Budget (CIFOEB) qui veillent au renforcement du contrôle citoyen de l’action publique pour une rédistribution des richesses nationales favorables aux plus vulnérables à travers l’accompagnement d’Oxfam Burkina. Face à leurs porte-paroles, quatre députés du Réseau des parlementaires pour la promotion de l’agriculture et de l’élevage (REPAE) et un assistant parlementaire. L’effectif comptait peu face à la symbolique.

« Je suis enchantée d’avoir aujourd’hui devant nous nos honorables pour au moins nous écouter et nous aider », s’est réjouie cette membre comité régional de contrôle citoyen du Sahel. Marie Ouédraogo/Sawadogo du Centre-nord qui l’a précédée dans la prise de parole a fondé l’espoir que la soirée soit « bénéfique pour les femmes rurales ».

« Malgré toutes les contraintes » du quotidien, les femmes rurales qui se battent « pour offrir au consommateur burkinabè un large choix de produits nutritifs et locaux afin d’assurer la sécurité alimentaire au Burkina », assurent les représentants du peuple qu’elles peuvent « faire plus ». D’où l’insistance sur les 10 mesures.

Albert Ouédraogo, présent à la rencontre avec sa casquette vice-président du conseil d’administration du SPONG a précisé qu’il n’était pas autour de la table en tant que syndicaliste. Il s’est réjoui de la tenue de la rencontre. « Nous considérons que nous avons 4 avocats ce soir pour défendre cette cause partout », a-t-il dit dans son adresse aux députés.

Des députés Réseau des parlementaires pour la promotion de l’agriculture et de l’élevage (REPAE) venus écouter la plaidoirie des femmes rurales
Les représentantes des femmes rurales plaidant leur cause face aux représentants du peuple.

La députée Elise Ilboudo/Thiombiano,« très touchée par cette invitation », a fait la promesse de porter le message des femmes rurales à l’assemblée et d’agir afin que les choses puissent changer en ce qui concerne l’accès et le contrôle des terres par les femmes. Dans une société burkinabè hautement patriarcale, elle ne doute pas de la complexité à faire bouger les lignes sur ce point-ci.

L’idée n’étant pas celle de « bousculer les hommes, récupérer les terres », mais « tout simplement que les femmes aient des terres parce qu’elles participent à ce développement économique qui est le développement de notre peuple et qui touche tout le monde », ce sera « en partenariat bien-sûr avec les hommes »,  a-t-elle précisé.

Son collègue Albert Benao fait partie de la commission qui s’est rendue dans le mois de novembre à Dédougou et Nouna dans la région de la Boucle du Mouhoun. « J’étais dans l’équipe de Nouna. On a pu constater sur place des femmes qui faisaient de l’élevage, le jardinage. Les problèmes sont nombreux », rapporte-t-il. Tout en assurant ne pas vouloir devancer l’iguane dans l’eau, il annonce : « d’ici la rentrée parlementaire, on aura un rapport et il y a quelque chose qui sera fait dans ce domaine ».

Cette annonce de plus ne rassure cependant pas les femmes rurales. En raison de leur « rôle prépondérant » dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la transformation, elles estiment qu’« il est temps que cela change et le moment est venu de faire la révision du plan d’investissement dans l’agriculture » en respectant les engagements tout en les considérant comme des actrices à part entière. D’où ce cri du cœur : « Chers leaders, agissez maintenant en faveur des femmes rurales pour bâtir un Burkina sans faim ! »

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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