Putsch : « Il faut s’attendre peut-être à un long procès » (Me Sankara)

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Me Bénéwendé Sankara, avocat et homme politique proche du pouvoir a commenté l’ouverture, le mardi 27 février 2018, du procès du Coup d’Etat de septembre 2015 au Burkina Faso. Selon l’avocat, « le droit sera dit dans toute sa rigueur, mais aussi dans toute sa laideur ». In extenso, ses commentaires recueillis le jeudi 1er mars 2018.

« Quand on parle de procès, c’est que la justice dans le cadre de la séparation des pouvoirs depuis deux ans s’est saisie des faits et a mené une instruction sérieuse pour aboutir à des inculpations. Mais un procès équitable doit nécessairement passer sous la loupe des règles de procédures y compris des vices de procédures que les avocats n’hésiteraient pas à soulever parce qu’il s’agit de défendre des clients, des citoyens qui encourent des peines lourdes.

De ce point de vue, effectivement, il fallait s’assumer, au moindre détail que la procédure est respectée de bout en bout. Ce qu’il faut déplorer, c’est le décret de nomination qui est incriminé parce qu’il est dit que ce décret datait du 22 février, la notification a eu lieu le 25 et que si on tient compte de loi, il aurait fallu huit jours. C’est normal. Si le vice n’avait pas été soulevé, il pouvait être couvert. Mais dès lors qu’il a été soulevé, et que la juridiction a suspendu et renvoyé, je pense, comme ce qu’il s’est passé au niveau de la Haute cour de justice, que tous ces aspects peuvent être réglés.

Maintenant, il peut y avoir, durant le procès, d’autres cas qui vont être soulevés. Il faut s’attendre peut-être à un long procès. On a vu le cas de Hissen Habré au Sénégal. Un procès de ce type, ce n’est pas du jour au lendemain et chacun prépare sa défense. Vous avez vu par exemple le piège de la qualité des jurés. Si la loi dit que, par rapport au Tribunal militaire, il faut forcément un haut gradé pour être dans le juré, il y a combien de généraux au Burkina Faso ? (…).

Le procès s’est ouvert, on n’a pas vu qu’il ne va pas se poursuivre. L’essentiel étant que le procès soit équitable, soit juste, que les principes de la défense soient respectés et qu’au finish, le droit soit dit. Hier je disais à quelqu’un que le droit sera dit dans toute sa rigueur, mais aussi dans toute sa laideur. Si vous êtes innocent, vous serez innocenté. Mais si vous coupable, vous serez condamné ! »

Irmine KINDA

Burkina 24



Rédaction B24

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