Alimentation scolaire : CRS continue son oeuvre

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Une « suite logique » dans les actions. Après le don de 3 000 tonnes de vivres pour cantines scolaires pour 207 000 élèves des provinces du Bam et du Sanmatenga dans le Centre-nord, Catholic Relief services (CRS) poursuit son action au profit des scolaires du Burkina Faso.

A l’école A de Korsimoro, l’ambiance studieuse habituelle a cédé place le temps d’une demi-journée à la célébration de la journée internationale de l’alimentation scolaire avec pour thème « ma nourriture ». Organisée par Catholic relief services (CRS), elle intervient deux jours après la cérémonie de don de 3 000 tonnes de vivres (Bulgur, lentilles, huile végétale) destinés à plus de 270 000 élèves des provinces du Bam et du Sanmatenga pour l’année scolaire en cours.  « C’est une suite logique », dira Robinson Heather, directrice des programmes à CRS.

Le programme McGovern–Dole International Food for Education and Child Nutrition, cadre dans lequel s’est effectué ce don, permet depuis septembre 2011 aux élèves des provinces du Bam et du Sanmatenga d’avoir « accès à un repas nutritif chaque jour ouvrable ». Plus d’attention est accordée aux filles assidues à l’école avec un taux de 90% de présence mensuelle. Elles ont ainsi droit à de la « farine de maïs pour des rations sèches à emporter à domicile ».

Ne pas attendre que tout vienne d’ailleurs. L’année scolaire a débuté depuis octobre. Et les parents d’élèves de Korsimoro n’ont pas attendu qu’intervienne d’abord le Catholic relief services. Parce qu’ « avec la cantine scolaire, les enfants ne s’absentent pas, ont le temps d’apprendre leurs leçons comme il le faut », Youssouf Ouédraogo et les autres parents d’élèves ont opté d’agir. Une résolution sera prise suite aux concertations.

« Nous devons ensemble faire des cotisations, soit des dons d’argent ou bien en mil, en haricot pour rassembler tout cela et faire avec un peu de riz pour commencer la cuisine en attendant que CRS vienne nous délivrer de cette angoisse qui est le manque de nourriture », confie le parent d’élève. Des actions concrètes suivront et la cantine (fruit de l’engagement de la communauté de Korsimoro) sera assurée pour le premier trimestre. « CRS prend en compte trois mois. Donc, c’est déjà un grand pas », apprécie Natérima Ouédraogo, directeur de l’école de Korsimoro A, établissement ouvert en octobre 1947.

Pause photo en souvenir de la commémoration de la journée de l’alimentation scolaire à Korsimoro

Mise en scène du vécu. Dans une pièce théâtrale interprétée par les élèves, la directrice d’école remarquera en effet que sa classe se vide jour après jour. Ne comprenant pas, elle optera de mener sa petite enquête auprès des élèves assidus au cours. Elle découvrira que le manque de nourriture à midi à l’école en serait une des raisons. Ismaël fait partie de ceux-là. A son ami et camarade de classe, il confiera: « je ne viens pas à l’école, parce qu’il n’y a pas à manger ».

Celui-ci lui apportera la « bonne nouvelle » après la réception des vivres livrés par CRS. « L’école a reçu une dotation de vivres de Cathwell. Il y a maintenant à manger ». « Si c’est comme cela, je reviendrai à l’école maintenant », s’empresse de réagir Ismaël. La maîtresse remarquera les jours d’après que « la classe est pleine » et de constater que « même Ismaël qui ne venait pas, est venu ».

Un « ventre creux n’a point d’oreille ». De ce dicton est partie l’analyse du secrétaire général de la région du Centre-nord, venu représenter la gouverneure Nandy Somé/Diallo. « Il ne fait aucun doute que la présence d’une cantine scolaire est un facteur favorable pour l’inscription et la fréquentation scolaire », a-t-il dit avant de poursuivre. « L’inscription des enfants à l’école ne résout qu’une petite partie des problèmes complexes dans le domaine de l’éducation » que sont l’absentéisme, les mauvais résultats, les taux élevés d’abandon, le redoublement avec le corollaire du faible taux de rétention qui influe négativement sur la scolarisation.

La réponse par la « faim zéro »

« La faim chronique empêche les hommes et les femmes d’atteindre leur potentiel »,  et « la faim zéro change tout » avec comme résultats des enfants qui peuvent se permettre de rêver, des communautés qui peuvent devenir autonomes et des pays en développement qui peuvent faire les investissements nécessaires pour les générations à venir, analyse Robinson Heather. Elle fonde son argumentation sur les données du Programme alimentaire mondial (PAM). Il ressort de celles-ci que l’absence de la faim permet de changer huit choses dans le monde.

Robinson Heather, directrice des programmes à CRS Burkina Faso

Huit choses qui incluent sauver la vie de 3,1 millions d’enfants dans le monde, parvenir à avoir des bébés en meilleure santé avec des systèmes immunitaires plus forts, augmenter le PIB dans un pays en développement de 16,5% au travers de l’élimination de la sous-nutrition chez les enfants. En somme, c’est contribuer à la construction d’un monde plus sûr et plus prospère pour tous.

Dans sa quête d’un tel avenir, le Burkina, a affirmé Robinson Heather, peut compter sur  Catholic relief services qui « ne ménagera aucun effort pour apporter sa contribution à l’élimination de la faim comme il le fait depuis 1960 à travers la promotion des cantines scolaires et la mise en œuvre des activités de nutrition et surtout l’appui aux petits producteurs pour leur permettre d’accrotre leur production et de nourrir convenablement leurs familles ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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