Eau et assainissement : Inquiétude sur la « diminution nette » du budget

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Le Réseau des parlementaires burkinabè pour l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement (REPHA) et ses partenaires (Water Aid, DANIDA, GIZ, LONAB, ONEA, UNICEF) s’inquiètent de la diminution nette de 14% du budget du ministère de l’eau.

« De 2017 et 2018, c’est une diminution nette de près de 14% », constate le député Sanfo Halidou, coordonnateur du réseau. Avec ses collègues du réseau, ils ont au cours de l’année antérieure effectué des missions à l’intérieur du pays pour « toucher du doigt certaines réalités » en matière d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement dans sept régions du pays en 2017. Il ressort de leurs découvertes que dans la « région pluvieuse » des Hauts-Bassins,  qualifiée de « château d’eau du pays » le taux d’accès à l’eau potable en 2016 était de 49,6%.

A Water Aid, une organisation non gouvernementale partenaire du réseau de parlementaires, l’évolution de l’allocation budgétaire alarme. « C’est décevant », juge Celestin Pouya, analyste des politiques en matière d’offre en eau potable et en assainissement. Et « si on doit continuer comme cela, s’inquiète l’analyste, on ne va pas atteindre corvée zéro en 2020. Si chaque année, on doit avancer d’un point, cela veut dire qu’en 2020, on aura à peu 76% ».

Face au constat, les deux partenaires invitent le gouvernement à procéder à une revue « à la hausse » du budget du ministère de l’eau, à la création d’une école technique de formation dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, à une allocation de ressources à la région « château d’eau du pays ».

Les barrages et les retenues naturelles d’eau sont confrontés à l’ensablement au bout de quelques années de maraichage sur les abords. C’est le cas du lac Bam plus grand réservoir naturel d’eau de surface qualifié de « Nil » de Kongoussi avec son bassin versant de 2 610 km2 qui connait un envasement depuis une quarantaine d’années et dont la restauration, la protection et la valorisation sont en cours.

Pour éviter aux autres retenues d’eau comme les barrages de se retrouver dans le même état, le REPHA invite l’exécutif à sensibiliser davantage les populations sur le respect des bandes de servitude pendant la construction des barrages en préparant leur mentalités sans oublier de les interpeller sur la responsabilité qui est la leur.

Le pays compte plusieurs sites miniers en activité. Pour le traitement du minerai, de grandes quantités d’eau sont nécessaires. Les députés du réseau invitent au « strict respect » de la loi 058-2009/AN portant institution d’une taxe parafiscale dénommée « contribution financière en matière d’eau (CFE) » au profit des agences de l’eau et qui comprend la taxe de prélèvement de l’eau brute, la taxe de modification du régime de l’eau et la taxe de pollution de l’eau.

La coupe budgétaire ayant été déjà opérée pour l’année en cours, les membres du réseau des parlementaires pour l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement se préparent à défendre la cause afin de parvenir à une revue à la hausse. Mais bien avant, informe le coordonnateur du réseau, ils avaient commencé par veiller à ce que « tous les députés aient une sensibilité par rapport au budget lié à l’eau, une question transversale qui concerne tout le monde ».

C’était bien avant le vote du budget qui a consacré une diminution. « Pas satisfaits » par l’explication fournie par le ministère de l’eau ainsi que des finances, les membres du réseau s’arment de patience et agissent dans les coulisses en attendant le prochain vote du budget. « Le combat que nous menons aujourd’hui, confie Halidou Sanfo, c’est d’amener le gouvernement en 2019, à considérer les préoccupations des populations. Nous en avons fait notre combat pour 2018 pour faire en sorte qu’en 2019 ça puisse connaitre une amélioration ».

Oui Koueta

Burkina24

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