Burkina-Côte d’Ivoire-Mali : Offrir à la jeunesse une « zone économique spéciale » comme perspective

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Les deux chefs de gouvernements burkinabè et malien conviennent qu’ils doivent « lutter de toutes [leurs] forces contre le terrorisme » tout en veillant  à « apporter de l’espérance aux populations en même temps ». Pour concilier les deux fronts, ils réfléchissent sur la création d’une « zone économique spéciale » qui irait de Sikasso au Mali en passant par Bobo-Dioulasso au Burkina Faso pour relier Korogho en Côte d’Ivoire.

Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maiga séjourne au Burkina Faso. Au cœur de la visite d’amitié des concertations en présence des gouverneurs des régions des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun, du Nord et du Sahel toutes frontalières avec le Mali autour de la situation sécuritaire que connaissent les deux pays voisins. « En tant que frère, c’est quand la case du frère brûle, quand il y a la menace chez le frère, il faut que nous allons à son secours et inversement », a caricaturé Paul Kaba Thiéba.

Le Premier ministre a invité son homologue malien au partage d’informations entre les autorités de part et d’autre de la frontière de 1 303 kilomètres. Et pour cause ! « Il est important, même vital que les gouverneurs, les hauts commissaires et les préfets puissent se parler un peu chaque fois que c’est nécessaire afin que nous puissions avoir des informations utiles, que nous puissions mutualiser nos moyens pour faire en sorte que les terroristes ne puissent pas avoir accès à nos territoires respectifs ».

Tous deux sont sur la même longueur d’ondes autour de la problématique. Pas question de laisser les assaillants trouver refuge au Burkina ou au Mali. Avec « les mêmes communautés » installées de part et d’autre de la frontière, Soumeylou Boubèye Maiga milite pour la neutralisation des éléments radicalisés irrécupérables pour éviter qu’il y ait « une sorte de contagion ». « Nous avons de très fortes convergences entre nous. La réponse sécuritaire est primordiale pour neutraliser les éléments les plus radicaux, les éléments qui sont des terroristes avérés », a-t-il déclaré.

« Apporter de l’espérance » à travers la « zone économique spéciale »

La misère est un terreau fertile pour le terrorisme. Les recruteurs trouvent dans les localités les plus touchées par la pauvreté ambiante des combattants à recruter. « C’est la désespérance, c’est souvent l’injustice, les iniquités, les frustrations qui exposent souvent nos populations à l’emprise des forces du mal », note Paul Kaba Thiéba. Une situation qui implique selon lui d’apporter un peu plus de développement, de mieux-être, d’espérance aux populations en les mettant à l’abri de l’influence des groupes du mal.

Certes, « les problèmes de sécurité absorbent beaucoup d’énergie et de ressources » admet Soumeylou Boubèye Maiga. Il y a urgence dit-il à parler aussi développement pour offrir des perspectives d’accès à différentes opportunités économiques, d’épanouissement.

« C’est pourquoi nous avons avancé cette idée d’avoir une zone économique spéciale à notre frontière commune dans le secteur Sikasso-Bobo et Korogho de manière à créer un environnement favorable à ce que des unités industrielles et semi-industrielles puissent prospérer dans cette zone et puis devenir une locomotive pour nos pays respectifs », a développé le Malien. Le but : « ouvrir des espaces de dialogues, d’échanges avec d’autres composantes, acteurs, de manière à ce que tous ceux qui renoncent à la violence puissent avoir d’autres perspectives. »

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Burkina24

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