Le tabac tue 4 800 Burkinabè chaque année

La société civile burkinabè donne l’alerte : 4 800 décès surviennent par an, suite aux effets du tabac. Elle interpelle les autorités étatiques à l’apposition dans les plus brefs délais, des messages graphiques sanitaires sur les paquets de cigarettes comme le fait déjà le Sénégal.

Le Burkina Faso est classé 153e dans le concert des nations pour la mise en œuvre des messages sanitaires graphiques sur les paquets de cigarettes. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le pays enregistre chaque année, 4 800 décès découlant de la consommation du tabac.

Des chiffres alarmants selon Salif Nikiéma, coordonnateur de Afrique contre le  tabac (ACONTA), qui accuse les industriels du tabac de fouler au pied les lois régissant la commercialisation du tabac. « Cela fait 3 ans que les industriels défient l’autorité de l’Etat  en refusant d’apposer les messages sanitaires graphiques», explique-t-il.

Un fait jugé anormal par la société civile, vu qu’une centaine de pays dans le monde appliquent déjà des messages sanitaires graphiques sur les paquets de cigarettes. Pays parmi lesquels on dénombre quelques africains tels que le Sénégal, le Tchad, le Kenya, l’île Maurice, Madagascar, Seychelles.

Violations

ACONTA signale lors d’une conférence de presse tenue dans la matinée du 5 avril 2018, quelques violations répétitives de la loi antitabac et de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Ces violations sont, entre autres,  l’interférence de l’industrie du tabac dans l’adoption et la mise en œuvre des politiques de lutte antitabac, l’interdiction de fumer dans les lieux publics qui n’est pas toujours respectée.

 Autres mesures qui peinent à se faire respecter sont la publicité, la promotion et le parrainage,  la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac,  l’interdiction de la vente aux mineurs et par les mineurs.

ACONTA, TABASTOP et la Ligue des consommateurs burkinabè demandent de ce fait au gouvernement « le retrait pur et simple des cigarettes non conformes au cadre législatif et règlementaire, car ce sont plus de 4 800 Burkinabè qui meurent chaque année des effets de tabac » et aux « industriels de tabac de respecter les lois édictées par notre pays ».

Salif Nikiéma dénonce une difficile collaboration entre la société civile et l’actuel ministre de la santé. De son avis, « l’administration apporte sa bénédiction coupable à cet état de fait grâce à l’immobilisme de nos autorités et parfois avec leur flagrante complicité ».

Il termine son propos en tonnant que, si « aujourd’hui la consommation de tabac fait 4800 décès, dans 5 à 10 ans nous assisterons à  un désastre ».

Priscille Jinette BANSE (Stagiaire)

Burkina 24



Rédaction B24

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