Attaque du 2 mars : Les confessions de Zakaria Karignian, le “soldat” en boubou

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Le 2 mars 2018, Ouagadougou a été attaqué. Dans les minutes qui ont suivi, les forces armées nationales ont riposté. Au finish, les huit assaillants qui avaient pris d’assaut l’état-major général des armées et l’Ambassade de France au Burkina sont abattus. Lors de ces événements, le reporter de Burkina 24, Jules César Kaboré a capté des images inédites d’un « soldat » en boubou, minutions en bandoulière, combattant fièrement aux côtés des forces armées. Très vite, la vidéo devient virale. Burkina 24 est reparti à la recherche du ‘’héros en boubou’’. Il s’appelle Zakaria Karignian.

Au lendemain de l’attaque de l’état-major général des armées, soit le 3 mars 2018, Burkina 24 était déjà sur les traces de Zakaria Karignian. Dans le même temps, certaines informations faisaient état de la présence de militaire radié parmi les assaillants. Suivant le sujet avec précaution, Burkina 24 apprendra le 6 mars, lors de la conférence de presse de la Procureure du Faso près le Tribunal de grande instance, la présence d’un militaire radié parmi les huit personnes interpelées.

Confirmation est faite par des proches de Zakaria Karignian. Celui-ci a séjourné après les événements de Ouaga à la Gendarmerie de Paspanga du 2 mars, jour de l’attaque, au 19 mars. Il aura passé 17 jours dans une cellule « sans que rien de précis » en ce qui lui est reproché ne lui soit rapporté, selon le radié.

C’est finalement le 5 avril 2018 que le ‘’soldat’’ en boubou s’est confié. Mais avant de vous le livrer, revisitons le reportage de Jules César Kaboré lors de l’attaque de l’état-major général des armées, vidéo dans laquelle il est loisible de voir le radié et d’autres civils aider les forces régulières soit en portant les munitions de la mitraillette  – le cas de Karignian – ou en déblayant les alentours pour une meilleure position de tirs pour les soldats.

Vidéo – Retour sur l’attaque du 2 mars : La riposte des Forces armées

Burkina 24

L’ex-soldat de 1ère classe Zakaria Karignian de la classe 1999 et radié en 2011 a participé à la riposte contre les assaillants, le 2 mars. Ayant appris qu’une attaque se menait et au vu du mouvement de foule, l’ancien militaire dit être arrivé sur les lieux « pour aider à combattre » ceux qui attaquaient « [son] pays ». Dans ses confidences à Burkina 24, l’ex-soldat, contrairement à  ce qui a été avancé, affirme n’avoir pas été à l’Etat-major pour rendre visite à un ami ni n’être pas allé dans une quelconque banque pour des opérations.

Après les combats, le militaire radié a été auditionné par la gendarmerie nationale. De son séjour de 17 jours dans les locaux des pandores, Zakaria Karignian affirme avoir vécu des moments difficiles. Sans langue de bois, il confie avoir été menotté en permanence deux jours d’affilée dès son arrivée dans une cellule dans laquelle il « dormait, chiait, pissait et mangeait ».

Lire 👉 Les articles sur l’attaque terroriste du 2 mars à Ouagadougou

Pensant avoir fait ce que tout Burkinabè aurait fait pour son pays, l’ex soldat de 1ère classe Karignian a manifesté son incompréhension face à la situation qu’il a vécue par la suite. Mais ses conditions de détention et la non-reconnaissance de ses efforts ne semblent pas entamer sa motivation. « Je me sens toujours prêt pour défendre mon pays. J’ai choisi l’armée par vocation. L’armée n’est pas un coin pour venir chercher de l’argent, c’est pour venir défendre le pays »,  dit-il. Dans la vidéo qui suit, le militaire radié exprime ses motivations, ce qu’il a vu et comment il vit,  en dit plus.

Vidéo – Attaque du 2 mars : Les confessions de Zakaria Karignian

Burkina 24

Des sources judiciaires contactées par Burkina 24 ont confirmé la détention de l’ex-soldat Kariagnian, mais refusent d’en faire des commentaires. « C’est une enquête qui est en cours », indique une des sources qui poursuit qu’en matière de terrorisme, la nouvelle loi en vigueur au Burkina prévoit « 15 jours pour la garde à vue prolongeable de 10 jours » pour les suspects.

L’ex soldat contrôlant l’identité d’un citoyen lors de la riposte – Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

Il y a 4 commentaires

  1. J’ai des frissons quand je lis des passages pareils. Que se passe-t-il? Que sommes nous devenus. Notre société est elle définitivement perdue dans cette nouvelle dehontée façons de vivre?

  2. J’apprécie beaucoup cet article, très bien fait avec tout ce qu’il faut: texte bien écrit, vidéo, liens hypertexte de renvoi à d’autres infos. Bravo !

  3. Kpiele Meda M Nicaise |

    Que le pouvoir actuel le reintègre automatiquement dans le rang des militaires pour son courage. Ce sont ces genres d’hommes que les burkinabe veulent dans notre armée. Que le benisse et protège le Burkina Faso

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