Procès putsch : Djibrill Bassolé, seul, face aux écoutes téléphoniques ?

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Les écoutes téléphoniques entre Djibril Bassolé et Guillaume Soro ont été versées dans le dossier du putsch manqué pour servir de « preuves techniques ». Mais ni le Parquet militaire, ni la Partie Civile, ni même la défense n’a cité le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne comme témoin dans cette affaire.

La justice militaire burkinabè avait lancé le 8 janvier 2015, puis, renoncé le 6 juin 2016, à un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro. Djibrill Bassolé, lui, est toujours entre les mains de la justice burkinabè. Il est poursuivi notamment pour « trahison » sur la base de l’enregistrement de la conversation téléphonique. L’information est contenue dans l’arrêt de renvoi et de mise en accusation lu pendant le procès du 30 au 31 mars 2018.

Selon le document d’environ 190 pages, il est mentionné qu’« aucun trucage » n’a été relevé. Ces écoutes, pourtant contestées par les avocats de Bassolé, ont été versées dans le dossier en guise de « preuves techniques », confirme le quotidien d’Etat, Sidwaya.

En matière de justice, nous explique un avocat, Me Séraphin Somé, il y a essentiellement trois types de preuves. Les preuves scientifiques, techniques et humaines. Dans ce procès du putsch manqué, la Partie Civile n’a pas cité de témoin.

Le Parquet militaire en a cités. La liste de témoins qu’a voulu citer la défense n’a pas été entièrement retenue. Finalement, le Tribunal a décidé de retenir la liste des 42 témoins cités par le Parquet militaire et la liste de 6 témoins de la défense cités par les accusés Nombila Sawadogo et Medah Boué.

Guillaume Soro non cité…

« Pourquoi vouloir une preuve humaine ou un témoignage ? Une contre-expertise sur les écoutes n’a pas été demandée par Djibrill Bassolé. Et c’est d’ailleurs déjà trop tard. On a besoin d’une personne lorsque sa présence au procès peut éclairer la lanterne et conduire à la manifestation de la vérité », a indiqué Me Somé, concernant la non-citation à comparaître de Guillaume Soro en tant que témoin.

A noter que la demande de suspension de deux mois, de la défense afin de reconstituer une nouvelle liste de témoins, a été rejetée par le Tribunal.

Rappelons également qu’une première expertise, réalisée en février 2016 par Norbert Pheulpin, avait remis en cause l’authenticité de la prétendue conversation entre Djibrill Bassolé et Guillaume Soro. L’expert français avait évoqué l’hypothèse « d’un montage » réalisé à partir de plusieurs conversations téléphoniques.

Si Norbert Pheulpin a remis en cause l’intégrité de ces écoutes, Hermann Künzel, lui, a confirmé leur authenticité. Cet expert allemand en investigations acoustiques officie notamment auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Il a été commis par le Tribunal militaire burkinabè et a rendu ses conclusions le 5 décembre 2016. La reprise du procès du putsch manqué de 2015 est prévue pour le 9 mai 2018.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

Il y a 2 commentaires

  1. C’est le tribunal qui juge ou les individus ou le peuple?
    où faut il mettre la barre? faut il supprimer la justice?

  2. Votre article est incomplet parce que les écoutes à les supposer légales et authentiques ne se passent pas dans la période de prévention du coup d’État. Donc si c’est la seule incrimination qui vise BASSOLE je ne vois pas comment le Tribunal de première instance peut condamner BASSOLE. Me KERE

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