Déficit céréalier : Le plan de réponse du gouvernement

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Estimé 72 000 tonnes en novembre 2017, le déficit céréalier  a été évalué à 477 000 tonnes au cours de la session du comité de prévention de la situation alimentaire et nutritionnelle fin mars 2018. A présent, le ministère échafaude son plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition (PRSPV).

Au terme du bilan définitif de la campagne agricole adopté par le comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle, le déficit céréalier se chiffre désormais à 477 000 tonnes. Ce chiffre implique que de mars à mai 2018, 2 462 000 personnes seront dans une situation alimentaire « limite » et que 2 671 867 personnes seront dans la même situation entre juin et août. A celles-ci s’ajoutent 954 315 autres qui seront dans une situation alimentaire « difficile » entre juin et août.

Adopté le 07 mars 2018, le plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition prévoit l’assistance alimentaire, le soutien à la production agricole et animale, la prévention et la prise en charge des enfants de moins de 5 ans malnutris et l’approvisionnement en eau potable.

Des interrogations se posent. Parmi elles, comment s’assurer que l’aide alimentaire sera effectivement reçue par les personnes vulnérables. « Il y a beaucoup de plaintes, a admis Jacob Ouédraogo, ministre de l’agriculture. De par le passé, c’est des gens qui ne sont pas vulnérables qui bénéficiaient beaucoup plus de l’action du gouvernement par rapport à ces céréales à prix subventionné ».

Pour stopper la manœuvre, une rencontre a été organisée avec les élus locaux des localités pour qu’il n’y ait plus de grossistes qui s’approvisionnent dans ces boutiques témoins et revendent par la suite ces céréales dans leurs propres boutiques. Au ministère, ils prévoient « distribuer des bons aux personnes vulnérables directement » pour ainsi « éviter que les personnes qui sont bien nanties puissent exploiter la misère des autres ».

Plan de réponse                     

Dans sa réponse à la crise, le gouvernement compte parmi ses soutiens le Programme alimentaire mondial, le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Union européenne et l’agence d’aide internationale des Etats-Unis (USAID) et l’ONG Action contre la faim. Pour résorber le déficit céréalier, le gouvernement opte de soutenir la production céréalière de saison sèche en mettant à la disposition des producteurs, des équipements et intrants agricoles à prix subventionnés pour la mise en valeur de 10 438 ha de périmètres irrigués.

« Généralement en saison sèche, c’est la production maraichère qui est la plus faite par nos producteurs. Mais cette année, compte tenu de la crise, on a demandé à ce que ces parcelles puissent être mises à disposition pour la production de maïs et de riz », a précisé Jacob Ouédraogo. De cette opération, le ministère attend 50 000 tonnes de céréales dont 35 000 seront collectées par la SONAGESS pour alimenter les points de vente aux personnes vulnérables.

Dans le cadre de l’assistance alimentaire, il est prévu la remise de numéraires pour un montant total de 7,2 milliards à 83 485 ménages en contrepartie de l’exécution de travaux d’intérêt général (cash for work). Cette mesure est soutenue par l’USAID, la FAO et le PAM avec un apport de 1,7 milliard de F CFA.

Dans la même lancée, 130 083 ménages vulnérables bénéficieront chacun d’un transfert monétaire mensuel de 35 000 F CFA pour l’acquisition de biens alimentaires, le tout pour un montant de 18 milliards soit 8 milliards avec comme acteurs de mise en œuvre l’UE, le PAM et Action contre la faim pour une contribution actuelle de 8 milliards de F CFA.

Pour la réussite de la campagne 2018-2019

« Mettre fin aux cycles récurrents de déficits céréaliers », le ministère s’y engage. Convaincu que  « l’accroissement des performances du secteur agricole passe par le renforcement des capacités opérationnelles des structures déconcentrées du département et du personnel composant le réseau d’encadrement et d’appui-conseil agricole », le ministère de l’agriculture a consenti à la mise à disposition de 11 véhicules et 232 motocyclettes au personnel d’encadrement en plus d’une indemnité mensuelle de 30 000 F CFA durant quatre mois.

L’équipe de Jacob Ouédraogo prévoit l’intensification et la diversification de la production agricole. Elle entrevoit également avec l’appui de l’USAID et la FAO de mettre « un point d’honneur à combattre les nuisibles et autres fléaux des productions végétales » par l’implémentation d’« un important programme de lutte contre les chenilles légionnaires » pour accroitre la production au cours de la campagne agricole 2018-2019 et garantir au pays une sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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