A égalité des chances, « les filles peuvent faire vraiment des merveilles » à l’école

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L’état de la situation nationale est le suivant : « malgré les efforts conjugués, force est de constater que différents obstacles persistent au sein de nos communautés et entravent la marche radieuse de notre société vers une plus grande équité dans l’accès à l’éducation ». Dans sa quête pour une inversion de la tendance, le gouvernement du Burkina Faso avec sa « nouvelle vision » axée autour d’« une fixation prononcée » sur les préoccupations de la femme et de la jeune fille peut compter sur le Canada avec sa politique d’aide internationale féministe.  

Il est à la tête d’un « département fortement interpellé sur la question de l’équité » depuis fin 2018. L’universitaire Stanislas Ouaro apprécie positivement la réalisation de l’étude intitulée « Analyse sexospécifique des écarts dans les apprentissages dans l’enseignement de base au Burkina Faso » en partenariat avec la coopération canadienne qui a investi dans le secteur de l’éducation de base la somme de 100 millions de dollars canadiens soit 45 milliards de francs CFA.

Il ressort de l’étude que la parité est atteinte au sous-cycle primaire. Ce qui n’est pas le cas au post-primaire et au secondaire. Pour l’année scolaire 2016/2017, le taux brut de scolarisation au secondaire donne 36,7% de garçons et 35,6% de filles pour un taux d’achèvement de 13,6% et 8,8% respectivement. A ce stade, l’étude révèle que « les filles sont peu représentées par rapport aux garçons » avec pour conséquence un fossé qui se creuse, approfondissant ainsi l’écart des taux d’achèvement au niveau du secondaire. Ecart qui se  perpétue au supérieur et plus tard dans la sphère professionnelle.

Malheureusement, déplore Anne Vincent, « les filles se voient refuser des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie, qui sont encouragées plus aux garçons dans par exemple l’enseignement post-primaire et secondaire ou la formation technique et professionnelle ».

“C’est ça qu’on veut pour toutes les filles au niveau du Burkina Faso”, Anne Vincent, représente résidente de l’UNICEF

Le Pr Ouaro parle de « nouvelle vision » du gouvernement avec « une fixation prononcée » sur les préoccupations de la femme et de la jeune fille. En plus, avance-t-il, « il est de notoriété publique – et plusieurs études le confirment – qu’une femme bien éduquée, émancipée et épanouie constitue un élément déclencheur du bien-être de sa famille ».

Un aspect encourageant dans la politique gouvernementale a été relevé par la représentante résidente de l’UNICEF. C’est la mobilisation d’environ 19% des recettes intérieures par l’exécutif, toute chose qui lui permet de financer annuellement plus de 85% du budget du plan d’action annuel du Plan de développement stratégique de l’éducation de base (PDSEB).

Dans une pièce de théâtre ce 14 mai 2018 au lycée Bogodogo, des élèves issus du primaire ont en effet démontré qu’une femme épanouie est un élément déclencheur de bien-être. Les intervenants n’ont pas hésité un instant à mettre leurs discours préparés pour l’occasion du lancement du nouvel appui canadien à l’éducation de base.

Anne Vincent, représentante résidente du Fonds des Nations unies pour l’enfance UNICEF ne s’est pas faite prier. « Vous avez vu. On peut avoir une grande maison, une voiture, du personnel et tous les enfants vont à l’école. C’est ça qu’on veut pour toutes les filles au niveau du Burkina Faso », a-t-elle commenté.

Elle a insisté sur « l’exigence et la pertinence pour tous de continuer à donner de la place à l’éducation des filles, non seulement pour restituer le droit fondamental des filles à l’éducation, mais aussi pour leur offrir des opportunités et des chances plus grandes d’être autonomes et plus productives dans la société ».

Celle qui a pris la parole au nom des partenaires du pays a annoncé « leur pleine solidarité » et s’est réjoui de la réalisation de la parité entre les sexes au niveau a été réalisée pour la première fois en 2014. Une parité estimée alors à 1,01 qui a été améliorée l’année dernière. Taux d’achèvement de 64,3% pour les filles et 56,6% pour les garçons en 2017. « Vous l’avez vu ! Le garçon, moyenne 5/10. La fille : 9/10. Je vous le dis. Les filles peuvent faire vraiment des merveilles »,  s’est-elle enthousiasmée.

L’ambassadeur canadien Edmond D Wega n’a pas manqué lui aussi de soulever l’état d’esprit des élèves qui ont joué la pièce de théâtre. Il a commencé son intervention par une reconnaissance du talent des jeunes élèves qui ont fait une démonstration de l’importance de l’autonomisation de la femme et de la promotion de l’égalité entre les genres. « Je suis certains que ces enfants qui représentent l’avenir du Burkina Faso continueront de représenter des exemples pour ce pays », a commenté l’ambassadeur Wega.

Le Canada a assuré le Burkina de son appui 

A l’issue de cette prestation, le diplomate tenait l’introduction qu’il lui fallait pour revenir sur la politique d’aide internationale féministe que son pays a énoncée en 2017. « Le Canada est déterminé à renforcer le pouvoir des femmes et des filles afin de réduire la pauvreté et de promouvoir une croissance qui profite à tous », affirmait en janvier Marie Claude Bibeau, ministre du développement international et de la francophonie.

L’ambassadeur Wega, qui salue le leadership du gouvernement du Burkina qui a « très rapidement » mis la question de l’autonomisation des femmes, de l’égalité des genres sur un piédestal, parle d’une « synergie ».  « Il existe une cohérence absolue entre cette priorité pour le Burkina Faso et pour le Canada qui a énoncé sa nouvelle politique de l’aide internationale qui se veut féministe » a-t-il relevé avant d’ajouter qu’ « il était naturel que le gouvernement du Canada, qui appuie le secteur de l’éducation au Burkina depuis 2001, accompagne le gouvernement dans ses objectifs qui sont importants pour le pays, pour le développement du pays ».

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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