Chronique de Ramadan ǀ Le ruiné de ramadan

1366 0

Chaque jour, pendant le mois de Ramadan, l’imam Alidou Ilboudo développe un aspect important à savoir sur le jeûne musulman. Mail : [email protected]


Selon Abou Houreira(RA), le prophète (SAWS)  a dit un jour interrogeant ses compagnons ; « savez-vous qui est l’homme ruiné ? » ils répondirent : « le ruiné parmi nous est celui qui ne possède ni biens ni argent. »  Le prophète dit : « dans ma communauté, l’homme ruiné est celui qui viendra au jour dernier avec son actif des prières, des journées de jeûne, des aumônes,   mais qui aura par ailleurs insulté untel, calomnié untel, volé l’argent de untel, versé le sang de celui-ci et frappé celui-là. On lui prendra alors ses bonnes actions pour les verser à ses victimes ; si cela ne suffit pas, on prendra alors les péchés de ses victimes et on les inscrira à son encontre, puis on le jettera en enfer ». (Rapporté par Mouslim)

Le droit de Dieu  sur nous c’est l’adoration.  Le droit des créatures sur nous c’est d’être traité avec justice, en respectant les droits de chacune.  Accomplir le droit de Dieu, c’est-à-dire l’adorer ne nous dédouane pas du droit de ses créatures.  C’est tout l’enseignement de ce hadith : ne pas se donner bonne conscience parce qu’on est croyant !

Adorer Dieu suppose lui obéir ; et c’est Dieu qui a donné aux créatures leurs droits et qui nous demande de les respecter. Mais très souvent nous ruinons nos actes d’adoration par le fait que nous ignorons ou violons allègrement le droit des autres.  La piété suppose craindre Dieu ; mais craindre Dieu dans ses créatures.  

Appliqué spécifiquement au jeune de ramadan,  ce texte nous dicte le comportement exemplaire : ne pas faire du tort tout en comptant sur les bénéfices du jeûne.  Devant le tribunal de Dieu, la justice est implacable : Dieu est le plus juste des justes et la balance des actions est des plus précises ; elle pèse jusqu’à l’atome et même moins.  Et au jour des comptes l’homme n’a d’autre capital que ses actions ; bonnes ou, mauvaises.   Autant nos bonnes actions peuvent servir à compenser ceux que nous avons lésés ; autant leurs mauvaises actions peuvent être déchargées sur nous.

En ce mois de jeûne, quels torts pouvons-nous faire aux autres du simple fait que nous jeûnons ?

Plusieurs ! Du simple fait que nous pouvons les indisposer par certaine  tenue (salive, humeur  etc ) jusqu’aux nuisances sonores que nous produisons(réveil précoce et prière nocturne).

 Il importe donc que nous nous disciplinions au maximum afin d’amoindrir ces désagréments et espérer que les plaintes seront  minimales au tribunal divin.  On peut donc jeûner et avoir le salaire du jeûne ; mais ce salaire peut ne pas nous servir car il sera confisqué et remis à autrui.  Et nous nous présenterons devant Dieu, ruiné, spolié tel un mauvais payeur incapable  face à la saisie d’un huissier.

Les textes disent qu’au jour dernier, seules les victimes auront le loisir de pardonner ou d’exiger la compensation ; Dieu ne les forcera à rien.  Mais nous pouvons dès aujourd’hui, mendier la clémence des hommes  en nous rapprochant d’eux et en recherchant leur aval et leur compréhension.  Car vivre ensemble, c’est partager les peines et les joies,  bénéficier de l’aide du voisin et supporter aussi ses désagréments.  Dans la justice, la considération et le respect.

Le prophète nous avertit : «  certains jeûneurs n’auront de leur acte que la faim et la soif,  et certains n’auront de leurs prières que la fatigue et le manque de sommeil » traduction approchée

Allah vous bénisse


NB- ramadan avec les Démunis c’est au CCIB et aux numéros suivants : orangemoney : 76926217 et mobicash : 72959511



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *