Production hydroagricole : La réalisation de la retenue d’eau de Sidtenga connait un retard

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Surpris aura été le ministre de l’agriculture Jacob Ouédraogo par l’état d’avancement des travaux de construction d’une retenue d’eau à Sidtenga dans la commune rurale de Béré, province du Zoundwéogo. Les travaux sont à 27% pour une consommation à hauteur de 85% du délai prévu.

En route pour le lancement de la campagne agricole 2018-2019 dans la province du Nahouri pour ce 26 mai 2018, le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques a observé une halte à Sidtenga. Là, il a voulu apprécier l’exécution des travaux de la retenue d’eau d’un bassin de plus de 227,395 m3 à Sidtenga financé par le deuxième Programme national de gestion des terroirs phase 3 (PNGT 2-3). Surprise !

« En termes d’avancement des travaux, nous sommes à 27%. (…) Actuellement on doit être autour de 85% du délai. Il y a décalage entre le taux de consommation du délai et le taux d’exécution », évalue Rigobert Hien, directeur du bureau de contrôle DEC Ltd. Tout s’explique, entre autres, par les formalités environnementales et le décaissement au profit de l’entreprise SOKEF chargée de l’exécution du marché.

« On a eu des difficultés au début quand ils nous ont passé le marché pour qu’on démarre. On a amené tout le matériel et au moment où on veut démarrer, les eaux et forêts sont venus nous arrêter. (Ils nous ont dit) qu’on ne peut pas abattre un arbre sans autorisation de l’environnement (…). Les eaux et forêts nous ont bloqués pendant deux mois. On est resté deux mois ici avec le matériel. Ils sont venus compter les arbres un à un », justifie Kibsi Ouédraogo, directeur de l’entreprise SOKEF en charge des travaux.

Pas seulement

Ce n’est pas tout, cependant. Après avoir franchi cette étape, l’entreprise s’est retrouvée confrontée à la présence d’une roche sur le site. « C’est à la suite de cela qu’on a rencontré la roche ici. Pour la roche aussi, les techniciens ont pris un mois pour trouver la solution. On a perdu au moins trois mois vacants ici. C’est pour le petit temps qu’on a eu, qu’on a monté ça rapidement », récapitule l’entrepreneur.

Mais Kibsi Ouédraogo n’était pas au bout de ses peines. Le décaissement des fonds tarde. Et SOKEF qui dépenserait environ un million de F CFA dans le carburant par jour s’impatiente. « Nous avons envoyé l’avenant, ils disent qu’ils vont payer. Cela fait deux semaines. On a envoyé le rattachement, il n’y avait pas de rattachement», dit-il.

Pour autant, le ministre de l’agriculture qui a en tête la campagne agricole se rend compte que l’ouvrage ne sera pas livré avant le début effectif de la saison. A l’écouter, il ne s’attendait pas à trouver le chantier à un tel stade. « On parlait de visite d’ouvrage. Je viens, c’est du sable que je vois », constate Jacob Ouédraogo.

Selon l’entrepreneur, « le plus dur est passé ». Le déficit céréalier de l’année agricole précédente n’a pas encore fini de parler de soi. Et Jacob Ouédraogo de tenter de rappeler toutes les parties à l’ordre. « C’est l’ouvrage qui nous intéresse. On a besoin de produire », insiste le ministre de l’agriculture présent qui se rendra dans la province du Nahouri  pour le lancement de la campagne agricole humide.

Trancher

Des tiraillements autour du traitement de l’avenant qui se trouverait à un certain niveau s’intensifiait entre le responsable du bureau d’études et de contrôle, celui de l’entreprise et le conseil régional qui est maitre d’ouvrage. Le ministre de l’agriculture n’a pas mis longtemps à couper court en appelant les différentes parties concernées à veiller à la réalisation en bonne et due forme de l’infrastructure hydroagricole. « Entendez-vous bien ! Les populations ont besoin de leur ouvrage. L’hivernage est déjà là», a-t-il insisté.

Malgré ce « sérieux retard » constaté sur le chantier, le ministre n’a pas perdu son sang-froid. Il a d’ailleurs tenu à encourager les acteurs sur le chantier notamment l’entreprise en charge des travaux à qui il a demandé « des bouchées doubles parce que la production 2018-2019 est déjà compromise ». Alors que, a-t-il poursuivi, « tout ce qui est aménagement hydroagricole permet de booster la production agricole dans notre pays ».

L’entrepreneur a quant à lui pris un engagement en donnant deux mois pour finir les travaux. « A condition, pose Kibsi Ouédraogo, s’ils me donnent l’argent la semaine prochaine. On consomme au moins deux milles litres par jour. Ça fait à peu près un million par jour.  Ils ont promis de nous donner l’argent pour faire ça. Si on a eu l’argent, le travail démarre. Ce qui reste ici, ce n’est plus grand-chose. Ce qui est déjà fait dépasse ce qui reste ».

Oui KOETA                                       

Burkina24

Oui Koeta

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