Traite des personnes dans la Boucle du Mouhoun : L’OIM renforce les capacités des acteurs de la lutte

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Il s’est ouvert ce lundi 25 juin 2018 à Dédougou un atelier de formation sur la protection des victimes de traite des personnes au profit des forces de sécurité et des travailleurs sociaux. Organisé par l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), cette session qui va durer deux jours permettra aux participants de mieux maîtriser les mécanismes d’identification et de protection des personnes victimes de traite dans la perspective de leur réinsertion.

Le phénomène de la migration et la traite des personnes touche particulièrement la Boucle du Mouhoun. Les victimes se comptent plus parmi les femmes et les enfants. Ils sont exploités pour des fins économiques ou sexuelles.  Et ce ne sont pas les chiffres qui manquent. Au cours de l’année 2015,  223 personnes dont 92 hommes et 131 femmes ont été victimes de traite dans la région.  A en croire le directeur régional en charge de l’action sociale, Ali Démé, il s’agit majoritairement des aides ménagères. La région sert également de point de transit des trafiquants qui l’utilisent pour entrer au Mali.  Des cas concrets  existent et le directeur régional a toujours en mémoire celui d’un garçon qui avait quitté la province du Boulgou en partance pour le Mali.

« C’était un enfant de 15 ans en provenance de Garango qui a été intercepté à Dédougou par la police. Malheureusement, on n’a pas pu mettre la main sur le trafiquant.  Nous avons travaillé à retourner l’enfant dans sa famille et il se trouvait que ses parents n’étaient même pas au courant de son départ»,   a confié Ali Démé.

L’approche OIM

Et voilà bien ce qui traduit les insuffisances des acteurs dans la lutte contre le phénomène. C’est pourquoi cet atelier de Dédougou est salué à sa juste valeur. Il permettra aux participants de mieux maîtriser les mécanismes d’identification et de protection des personnes victimes de traite dans la perspective de leur réinsertion. En plus, cette session de formation devra contribuer à l’amélioration de la prévention, la poursuite des auteurs et la protection des victimes de la traite au Burkina.

A l’ouverture des travaux, Simon Pierre Tarama, assistant sénior du projet de lutte contre la traite à l’OIM, a relevé que la porosité des frontières, l’absence de cadres juridiques nationaux appropriés dans certains pays et la faiblesse de la coopération entre les autorités et la société civile font partie des facteurs qui ne favorisent pas la pleine efficacité des actions sous régionales de la lutte contre la traite.

Les participants à l’atelier

L’approche de l’OIM est d’agir dès le départ pour que ce phénomène soit abordé dans le contexte global de la gestion des migrations.

Comme bien d’autres activités criminelles, les trafiquants d’êtres humains utilisent des moyens innovants tel que l’Internet et autres medias sociaux. D’où la nécessité des acteurs de la lutte de changer de fusil d’épaule. C’est pourquoi le gouverneur de la Boucle du Mouhoun, Edgar Sié Sou,  qui a présidé la cérémonie,  a invité les participants à se donner la main pour lutter efficacement contre le phénomène dans sa région

Merveille KAPIDGOU

Pour Burkina24



Rédaction B24

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