« Je n’ai pas entendu de coups de feu le 16 septembre 2015 » (Ex-soldat du RSP)

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Le procès du putsch manqué s’est poursuivi avec les interrogatoires des accusés. Le premier à passer à la barre ce vendredi 29 juin 2018 est bien le Sergent-Chef Laoko Mohamed Zerbo. Les questions de fond commencent donc à être abordées. Ce qui sonne comme un ouf de soulagement pour les avocats des parties civiles, en l’occurrence Maître Prosper Farama.

Le procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015 a franchi un nouveau cap ce 29 juin 2018 avec l’audition des accusés. C’est le Sergent-Chef Laoko Mohamed Zerbo qui a ouvert le bal des auditions. Ce dernier est entre autres poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires. M. Zerbo a été radié après avoir servi l’armée burkinabè pendant près de 10 ans.

« Je ne reconnais pas les faits, Monsieur le Président », a laissé entendre l’accusé. Le sieur Zerbo ajoutera plus tard que c’est au lendemain de la tentative de prise du pouvoir qu’il a appris la prise d’otage du Président du Faso d’alors, Michel Kafando, et de quelques membres du gouvernement de la Transition.

Il a reconnu avoir été dans les parages le jour du coup de force. Mais, à la question de savoir s’il a entendu des tirs le  premier jour de la tentative de putsch, la réaction de l’inculpé étonne plus d’un. « Je n’ai pas entendu de coups de feu le 16 septembre 2015. Je ne comprends même pas bien la question », a répondu l’ex-soldat du RSP, Laoko Mohamed Zerbo, sous l’étonnement des avocats de la Partie civile et du Parquet militaire qui estiment que « toute la ville » était pourtant au courant.

A écouter l’accusé, le Parquet dit noter plusieurs incohérences et contradictions avec les Procès-Verbaux (PV) d’interrogatoires d’ailleurs signés par l’inculpé lui-même. Son avocat, Idrissa Badini, invite la juridiction à plutôt mieux considérer « ce qui se dit pendant le procès » en lieu et place du contenu des PV.

L’audition du Sergent-Chef a été suspendue. Elle reprend demain samedi 30 juin 2018 à 9h. L’avocat de la Partie civile, Maître Prosper Farama, pense que le début des questions de fond, avec notamment les auditions, pourra permettre aux uns et aux autres d’avancer véritablement dans ce dossier.

Retour sur la journée du 16 septembre 2015…

Pour rappel, le 16 septembre 2015, vers 15h, une rumeur selon laquelle des soldats de l’ex-RSP (Régiment de sécurité présidentielle) auraient pris le traditionnel Conseil des ministres en otage, prenait forme et se confirmait au fur et à mesure que les minutes s’égrenaient.

Les journalistes de plusieurs rédactions avaient mis le cap sur le palais de Kosyam où se tenait la rencontre, pour en avoir le cœur net. Mais, impossible pour eux d’aller plus loin une fois arrivés à l’intersection entre le Boulevard Mouammar Kadhafi et l’Avenue Pascal Zagré. Des blindés y barraient la voie et les éléments qui y étaient, menaçaient tous ceux qui voulaient s’y aventurer.

Une situation inhabituelle qui ne faisait que confirmer davantage la rumeur sur la prise d’otages. Pour certains, c’était un énième coup de sang d’éléments de l’ex-RSP qui, en son temps, en voulaient au Premier ministre Yacouba Isaac Zida. D’autres, par contre, craignaient le pire compte tenu du modus operandi. Mais, rien n’était moins sûr, car aucune information fiable ne filtrait des grilles du palais présidentiel.

Les supputations et la psychose collective prirent fin autour de 17h 30mn, avec la déclaration du Président du Conseil national de la Transition (CNT), Chériff Sy. « Le devoir nous appelle, car la nation burkinabè est en danger. Des éléments du RSP ont fait irruption dans la salle du Conseil des ministres aux environs de 14h 30 mn et ont pris en otage le président du Faso, Michel Kafando, le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, le ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Augustin Loada et le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, René Bagoro », pouvait-on lire dans cette déclaration. Et c’est parti…

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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