Procès du putsch : « Le public non avisé se dit qu’on s’amuse ici »

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La commission de nouveaux avocats a peut-être permis de faire un grand bond en arrière dans le procès du coup d’Etat de septembre 2015. Le vendredi 29 juin 2018, des avocats de la défense sont revenus, en exception, sur l’incompétence du tribunal à connaître du dossier.

L’exception sur l’incompétence du tribunal dirigé par Seydou Ouédraogo a été soulevée notamment par deux avocats de la défense, Me Yelkouni et Me Bonkoungou, même si au début du procès en février, le débat sur le sujet avait été âpre et fait des gorges chaudes.

Selon l’argumentation des deux avocats, la chambre de contrôle du tribunal militaire a prononcé l’arrêt de renvoi des inculpés devant la Chambre de jugement alors que, actuellement, ils comparaissent devant la Chambre de première instance du Tribunal Militaire. « Vous êtes la chambre de première instance », a asséné Me Yelkouni avant de demander au tribunal de se déclarer « incompétente ».

Il n’en fallait pas plus pour «réveiller »  les avocats de la partie civile. « Le spectacle devant nous n’honore pas la justice », coupe Me Yanogo pour qui, certains accusés seraient réticents à aller dans les débats de fond. « On nous ramène en arrière. Ce débat a été évoqué il y a longtemps (…) Aujourd’hui, le public non avisé se dit qu’on s’amuse ici.  Ils (avocats de la défense) ont atteint leur objectif », poursuit l’avocat de la partie civile visiblement agacé.

« Qu’on nous épargne du spectacle »

Tout comme le parquet militaire, les avocats des parties civiles ont demandé au président du tribunal de déclarer irrecevable, l’exception soulevée par les deux avocats de la défense. Me Yelkouni, avocat de la défense, en réplique, soutient que lui et les siens ne sont pas au tribunal pour « s’amuser ». « Nous n’allons pas dire que quelqu’un est là pour plaisanter parce qu’effectivement, au tribunal, on ne s’amuse pas », dit-il.

En soutien à son confrère de la défense, Me Bonkoungou rappelle que la loi est faite pour tout le monde. «Nous ne sommes pas là pour des sentiments. Qu’on nous épargne du spectacle », a suggéré l’avocat des accusés.

Le mémoire suivant, une exception de nullité, a été déposé par Me Solange Zeba et Me Arno Sempébré, tous avocats commis d’office aux côtés d’accusés lâchés par leurs avocats choisis. Selon Me Zeba, aucun reproche n’est fait à ses clients Sawadogo Paul et Ouédraogo Lassané. Les deux accusés ont été notifiés de ce qui leur est reproché durant le procès. Inadmissible, selon l’avocate.

Le parquet parle « d’erreur matérielle » pour s’expliquer avant d’informer que pour ces deux cas, leurs précédents avocats s’étaient déjà pourvus en cassation. « Non », soutient l’avocat qui précise que le pourvoi en cassation concerne l’arrêt de renvoi et non l’acte de citation. Partant, Me Zeba demande l’annulation de la citation à comparaître de ses clients.

A 12h 40, la séance a été suspendue pour reprendre à 15h 00. A la reprise, l’exception d’incompétence a été déclarée irrecevable. Par contre, la requête de Me Zeba a été déclarée recevable mais rejetée dans le fond cas étant mal fondée.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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