Education nationale : La pédagogie sensible au genre pour en finir avec les abandons scolaires

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Pour parvenir à une citoyenneté active, les acteurs du ministère de l’éducation nationale proposent de rehausser les indicateurs du secteur de l’éducation en axant les apprentissages autour de la pédagogie sensible au genre.

C’est parti pour l’implémentation dans 25 nouvelles écoles de la phase II du Programme Education pour une citoyenneté active jusqu’en 2021. Et Zalissa Djipo/Sanogo, directrice régionale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle de l’Est ne cache pas son désir de voir levés les goulots d’étranglement qui minent le secteur éducatif et sapent la détermination à se propulser vers le développement économique et social.

Pour elle, la mise en œuvre de cette phase du Programme intégré gouvernance, éducation et citoyenneté (PIGEC) constitue « plus d’une épine » enlevée des pieds de l’Etat dont les sacrifices pour promouvoir le secteur éducatif se révèlent insignifiants au regard des nombreux défis  complexes qui restent à relever. La directrice régionale a partagé des espoirs de voir cette méthode contribuer à l’éveil de la conscience des filles afin que celles-ci se donnent plus au niveau de l’éducation de même que s’impliquer davantage dans la vie de la  communauté.

Les défis à relever, Yonli Yembouani,  directeur de l’école de Dakiri dans la province de la Gnagna (Est du pays) en a pleinement conscience. « Beaucoup » de ses collègues, témoigne-t-il, n’arrivent pas à mener la pédagogie sensible au genre à l’école. Illustration: « D’abord, on n’arrive même pas à recruter assez de filles ». A cela s’ajoute, « un taux élevé d’abandon au niveau de ce sexe et à l’école ».

Cette réalité n’est pas inconnue de Tahirou Traoré, enseignant de profession et coordonnateur de la Coalition nationale de l’éducation pour tous (CN-EPT/BF). Le regroupement d’organisations qu’il coordonne milite pour qu’il y ait de l’équité dans l’enseignement en centrant la pédagogie sur certaines couches au travers de techniques et approches savamment concoctées.

« Il y a une espèce de particularisme où on attribue aux garçons la qualité de mathématiciens et non aux  filles. C’est comme si elles n’étaient pas faites pour les mathématiques. Dans les manuels scolaires, les beaux rôles sont toujours confiés aux garçons. ’’Lalé tape Nani’’, ’’Nani est nue’’. C’est comme si on tend dans l’aspect pédagogique à rabaisser la fille. Donc la pédagogie genre sensible cherche à réhabiliter tous ceux qui sont défavorisés dans l’enseignement et faire en sorte qu’on les prenne en compte dans la préparation de la leçon ».

« Les racines de l’éducation sont amères mais ses fruits sont doux »

Hadissa Ouédraogo est spécialiste éducation à Oxfam Burkina. Elle a représenté le directeur pays de l’Oxford comitee for famine (OXFAM), organisme d’influence des politiques publiques et des pratiques en faveur des plus vulnérables à la cérémonie de lancement de la phase II du PIGEC financée par l’entremise de DANIDA (coopération danoise) et Oxfam IBIS à hauteur de 1 400 000 euros.

« Nous avons vu que quoiqu’il y ait eu des progrès ces dernières années, la problématique du genre à l’école reste toujours posée », évalue la spécialiste. D’où le choix de renforcer les capacités des enseignants pour l’implémentation d’une pédagogie genre-sensible. Ce ne sont pas les raisons qui manquent. « Les racines de l’éducation sont amères mais ses fruits sont doux », écrivait Aristote.

Pour récolter un jour ces doux fruits,  le coordonnateur de la Coalition nationale de l’éducation pour tous a sa petite idée de la démarche à suivre. Il faut miser dans « la formation de l’enseignant (qui) ne prend pas en compte ces particularités (comment prendre en compte un enfant handicapé, comment tenir compte spécifiquement des filles) », incite Tahirou Traoré. D’où sa plaidoirie pour que l’Etat prenne en compte tous ces aspects lors de l’élaboration du budget et de la réalisation des activités planifiées pour aider les enseignants à rattraper le coup.

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